26 juillet 2016 2 26 /07 /juillet /2016 20:45

Je cherche le plaisir. J'ai honte de l'avouer tant sur la carte postale tout est réuni pour de longues et mielleuses journées de farniente.

Mais rallumer le téléphone suffit à réveiller le bruit du monde alentour et tout d'un coup, cette plage, ce pont, ces hommes et ces femmes, les cris des enfants, le corps si parfait des Poites déjà joliment dorés, tout se mue en contrainte, tout se mue en danger. Et tout s'éteint sous la pression de la réalité.

C'est un peu la même mécanique pour nous tous j'imagine, avec en prime l'impudeur de l'exprimer ici.

Je cherche le plaisir dans chaque acte de ces longues journées de chaleur. L'actualité est la dernière goutte, celle qui fait déborder le vase de juillet.

Ce soir, dans la voiture, alors que les Poites dormaient d'avoir trop nagé, le Homard s'est tourné vers moi et m'a demandé "ça va ?". En 3 jours, il me l'a déjà beaucoup trop demandé. Surtout quand on sait que ses "ça va ?" ont toujours un terrible retard sur le tempo de ma mélancolie.

Qu'est-ce que je peux lui exprimer de mon désordre foutraque ? Voir qu'il a acheté des nectarines jaunes au lieu des blanches me donne déjà envie de pleurer. Parce que depuis toutes ces années je préfère les blanches, là juste à côté de lui qui ne voit rien.

Alors, j'ai "humhumer". 11 ans que je le fais lorsque je ne veux pas parler. Et 11 ans qu'il s'en satisfait. Peut-être tenait-on là, à 19h38, le nœud de notre farce.

Voilà comme se passent nos journées, envahies de terroristes et de vie commune étiolée, les uns prenant indécemment autant de place que l'autre.

Et croyez-moi, j'aimerais ne pas l'exprimer ainsi.

Le nœud de la farce
24 juillet 2016 7 24 /07 /juillet /2016 21:33

C'est une sensation assez dingue que celle qui nous étreint depuis hier, 17h, et l'arrivée dans notre nouvelle contrée pour la quinzaine, quelque part en Occitanie.

Celle d'être les élus d'une terre qui ne serait rien qu'à nous, comme un secret que l'on partage quand il a déjà disparu.

Parce que pour quinze jours, nous sommes cachés ici.

La cachette

Et bien malin celui qui nous trouvera...

La cachette
La cachette
La cachette
21 juillet 2016 4 21 /07 /juillet /2016 17:33

Je crois que 99% de l'humanité se lève le matin en ayant l'intention de bien faire. Bien faire, bien penser, bien aimer, bien bander (rajouter tout ce que vous souhaitez, c'est open). Ou à défaut de bien faire, je crois que 99% de l'humanité se lève le matin sans intention de faire mal. C'est déjà énorme.

Le 1% restant nourrit la catégorie des psychopathes. Pour eux, la médecine, la camisole ou les psychotropes, je ne sais pas mais ils sont l'exception.

Je crois que 99% des gens ont à cœur de bien travailler. Pas de vous emmerder, pas de vous mettre des bâtons dans les roues, pas de vous laisser poireauter 10 minutes au bout du fil de la hot line. Pas intentionnellement, parce que l'intentionnel, c'est le 1%.

Je crois que 99% des gens garés à cheval sur 2 places de parking le sont parce qu'AVANT eux, à droite et à gauche, il y avait d'autres véhicules.

Je crois que 99% des gens ont envie d'aider leur prochain. Pour la simple raison que 99% des gens ne sont mus que par l'envie d'être aimés, en retour de leurs actes.

Je crois que 99% des gens qui volent ou qui arnaquent le font avant tout par nécessité ou par survie. La perversité, c'est pour les 1% restant. Ça n'excuse pas, ça explique. Et comprendre, c'est déjà beaucoup.

Je crois que 99% de ceux qui trichent le font POUR eux, pas CONTRE les autres.

Je crois que quand on est persuadé que les autres ne nous veulent pas de mal, ils ne nous en font effectivement pas. Pour 99% d'entre eux.

Je crois que dans 99% des cas, quand on se sent victime d'une injustice, on est avant tout victime d'un malentendu.

Je crois que dans 99% de ces cas, parler, échanger et sourire permet d'obtenir beaucoup plus que gueuler.

Je crois que si on donne sa confiance, sans réserve, sans préjugé, on récolte aussi de la confiance en retour. A 99%.

Je crois qu'on se complait à ne voir que les 1% de nos vies. Parce que c'est plus confortable, parce que c'est plus évident, parce que c'est plus économe de nos sentiments. Et on oublie les 99%.

Je crois que nous sommes 99% à ne pas être ces 1%. Vous me suivez ?

Edit : pas la peine de me dire que je suis naïve, c'est peut-être effectivement le cas. Mais je préférerai toujours faire confiance à tort qu'être suspicieuse "par défaut".

20 juillet 2016 3 20 /07 /juillet /2016 22:13

Après plusieurs conflits plus ou moins larvés consistant à lui faire comprendre que le Homard et moi souhaitions des nouvelles de nos enfants au moins une fois par tranche de 24h quand elle en a la garde (c'est le cas cette semaine, réjouissons-nous), ma mère semble avoir enfin compris le concept.

Désormais, je reçois donc chaque matin ou presque, une photo d'une ou des deux Poites, généralement accompagnée d'un compte-rendu qui n'est pas sans me rappeler celui que me faisaient chaque soir les puéricultrices de la halte garderie : nombre d'heures de sommeil, heure et consistance de l'étron quotidien (j'échappe à la couleur, heureuse que je suis) et quantité de nourriture avalée sur les 24 dernières heures.

Mais parce qu'il y a derrière la thématique de la garde des Poites durant leurs vacances un enjeu bien plus fort qu'elle ne veut bien l'admettre, ma mère ne m'envoie pas n'importe quelles photos. Elle m'envoie des photos floues.

A titre d'illustration, voici les trois que j'ai reçu depuis le début de la semaine (j'ai cadré volontairement en-dessous des yeux, dans la réalité j'ai quand même droit à leurs regards... tout aussi flous par ailleurs).

Lundi

Coucou Poite n°1

Coucou Poite n°1

Mardi

Je la soupçonne d'avoir recyclé la séance photo de lundi

Je la soupçonne d'avoir recyclé la séance photo de lundi

Et aujourd'hui (les bordelaises, quizz pour vous sur la provenance de ces balançoires)

Flou, de loin, à contre-jour et en contre plongée, le grand combo de la photo grand-parentale

Flou, de loin, à contre-jour et en contre plongée, le grand combo de la photo grand-parentale

Mais enfin, j'ai la preuve qu'elles sont en vie, de quoi me plains-je ?

19 juillet 2016 2 19 /07 /juillet /2016 19:38
Le retour au badin

J’ai depuis ces 5 jours une désagréable sensation, un petit parfum écœurant, une fine lourdeur sur les épaules. Ce week-end, sur les réseaux sociaux. Lundi, dans la cour pour la minute de silence qui, je le jurerai, a rassemblé moins de monde.

Le retour au badin.

Alors certes, ce sont les vacances, beaucoup d’entre nous sont en congés quelque part la tête au soleil et les pieds dans le sable. Mais est-ce que novembre, drapé de gris, prêtait plus aux larmes que juillet ?

Il me semble que cette fois-ci les visages ont séché plus vite. Est-ce la distance ? Ou est-ce plutôt le parfum du banal ?

5 jours. 84 vies. Et des millions d’autres qui les ignorent à nouveau, uniquement satisfaits de n’en avoir pas fait partie. Certains d'entre eux qui se battent encore, reliés à des machines alors que nous nous demandons quelle crème solaire, quelle combi-short ou quel Jean-Marc Morandini.

Ce n'est pas une raison d'arrêter de respirer. C'est peut-être une raison d'essayer de le faire moins bruyamment.

La vie est une pute, avec cette impudeur qu'elle a de s'imposer aussi fort que la mort.

J’ai toujours détesté le retour à la normale. J’ai l’impression de laisser ces gens mourir une deuxième fois.

Il n’y a déjà pas de sens à nos souffrances, pourquoi y ajouter l’oubli ?

18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 21:22

Au mois d'août de l'année dernière, l'acte d'achat fraîchement rangé dans nos cartons, le Homard et moi avons fait un tour dans le jardin. Le tour du propriétaire que ça s'appelle, la fierté en bandoulière.

Là, nous n'avons eu aucun mal à identifier les lilas que j'avais eu l'occasion de photographier, abondamment fleuris le printemps précédent, me penchant par dessus le parapet qui n'était pas encore mon parapet pour prendre des clichés de la promesse de cet espace vert, les deux grands acacias et au fond, à moitié penché, à moitié couché sur la cabane du fond du jardin, le poirier.

Ne nous est plus resté à reconnaître que cet arbre derrière la haie longeant la terrasse. Un arbre que j'étais certaine d'identifier comme un cerisier. Certes, il n'y avait aucune présence de cerises à ses abords mais ces feuilles dentelées, j'en étais sûre, pas de doute, cerisier c'était.

Là-dessus, le Homard, homme de l'apaisement conjugal trancha en ma faveur et déclara que cela devrait être un cerisier précoce. D'où l'absence de cerises au mois d'août. Et pissétout (la vie est simple pour ce crustacé-là).

Automne et hiver passèrent au creux de notre jardin. Un printemps timide finit par leur succéder. Peu à peu, les arbres dans notre voisinage proches commencèrent à fleurir. Notre cerisier, lui, restait occupé à se couvrir de grosses feuilles vertes.

Jour après jour, semaine après semaine, les cerisiers du quartier finirent par bourgeonner. Les blancs, les roses clairs, les roses foncés, ils y étaient tous. Et derrière la haie, toujours rien.

"Bah, à tous les coups, c'est qu'il est tardif" trancha le Homard un matin de compromission plus aiguë qu'un autre.

Mais, c'était fini, je n'étais plus dupe.

Là-dessus, profitant d'une visite parisienne, mon beau-père s'intéressa à son tour à l'arbre de la discorde.

Son verdict fût immédiat (les hommes de cette famille ne savent pas hésiter)(voyez comme c'est divertissant pour une femme comme moi), il s'agissait d'un merisier, espèce qu'il me décrit comme un cerisier non greffé (un cerisier puceau, si vous préférez) (je vulgarise, on n'est pas sur Botanica non plus). Après cette révélation, je dus faire le deuil de potentielles cerises mais enfin, merisier ou cerisier, tout ça restait dans la famille des prunus, c'était un moindre mal.

Mais en juin, le merisier se mit à fleurir bizarrement.

Coucou l'abeille

Coucou l'abeille

Le merisier avait la folie des grandeurs. 3 recherches google plus tard, l'ensemble des botanistes des Internets mondiaux étaient catégoriques, ce n'était pas un merisier.

Un mois se passe encore et un soir d'été, me promenant entre les fraisiers et les plants de tomates cerises, je tombe sur une drôle de surprise.

Coucou le truc poilu

Coucou le truc poilu

Le cerisier qui n'était pas un cerisier qui n'était pas un merisier semble être en réalité.... un simple châtaignier.

Reste un mystère de taille puisque de septembre à novembre, l'automne dernier, nous n'avons jamais ramassé quelque chose qui aurait ressemblé de près ou de loin à une bogue de châtaigne. 

Concocté par Adelles - dans Ça déménage
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17 juillet 2016 7 17 /07 /juillet /2016 21:16

J'ai du mal à remettre des mots légers, comme toutes les précédentes fois. Alors, en attendant que ça revienne, je me suis dit que des images légères valaient bien des mots.

Dont acte.

Je tweete, tu tweetes, il/elle tweete #31
Je tweete, tu tweetes, il/elle tweete #31
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15 juillet 2016 5 15 /07 /juillet /2016 20:51
Et à la fin, il ne restera que l'amour

Demain est arrivé, sur la pointe des pieds. La maison est vide et silencieuse, je vaque à ce que j'aurais fait, même si ça n'était pas arrivé. Je vois la vie reprendre ces droits sur les réseaux sociaux, bien plus rapidement que la dernière fois. Ce n'est qu'un prémice, bientôt le quart d'heure d'après nous nous livrerons de nouveau à la vie qui se réjouit. 

C'est peut-être vrai qu'on s'habitue à tout.

De temps en temps, quelqu'un poste un statut en forme de justification. "Oui, on fait comme d'ordinaire, oui vous nous voyez rire, jouer, chanter et poster les photos traditionnelles de nos enfants caressés par le soleil, mais on fait ça pour eux, vous savez. On respire plus fort pour eux". Je crois que les seuls dupes de ces statuts culpabilisés sont ceux qui les publient. Je ne juge pas, chacun sa façon de gérer l'abject.

Moi, je ne change rien. Je vaque dans cette maison, majoritairement seule, d'heure en heure accompagnée. Et je fais ce que j'avais prévu d'y faire : m'écouter. Pour 4 jours, je remplace les "il faut que" par les "j'ai envie de", improbables inévidences maternelles. Et je le dis sans drame, je ne vis pas plus fort en écho de leur mort, parce que je crois qu'ils s'en foutent de là où on les a forcé à aller. Mais ils sont évidemment près de moi, entourés de ces milliers de pourquoi. 

Je suis lassée de devoir songer à comment panser tant de plaies.

13 juillet 2016 3 13 /07 /juillet /2016 21:54

Voilà, elles sont à 600 kilomètres de moi et dehors les premiers pétards d'un quelconque feux d'artifice viennent rebondir contre mes fenêtres.

Le premier 14 juillet sans elles et immanquablement je suis de retour dans ces couloirs de néonat où elles ont vécu leur première fête nationale. Je me souviens du Homard et moi, nous pencher au-dessus de leurs berceaux et regarder la Tour Eiffel, au loin, s'embraser.

Que ne savions-nous alors que 5 ans plus tard, nous serions tous séparés pour le même événement.

Que ne savais-je alors que ces enfants bousculeraient tant et tant et iraient jusqu'à embrouiller mes yeux, 5 ans après.

Ce soir, en leur disant bonsoir par ordinateur interposé, je les ai trouvées si belles que je les ai photographiées. La faiblesse absolue d'être mère. Et pendant les prochains jours, ce sont ces images que je regarderai. Encore et encore, comme une camée.

Oui, même celle-là.

Les yeux embrouillés
11 juillet 2016 1 11 /07 /juillet /2016 19:42

Si je devais tomber dans la métaphore foireuse pour décrire nos dernières soirées, je dirais que le Homard et moi sommes en train de traverser une zone de turbulences. Sur le fond, c’est assez inintéressant, je vous épargnerais donc la description minutieuse du pourquoi du comment nous en sommes arrivés à comptabiliser le nombre de fois où chacun d’entre nous avait vidé le lave-vaisselle sur les 6 derniers mois (on l’a pas vraiment fait, c’est une hyperbole) (mais évidemment c’est moi qui l’ai fait le plus souvent) (cherchez pas, de toutes façons, c’est lui qui a tort).

Indice (pour ne pas que vous pensiez au pire) (ce que je suis prévenante tout de même) : on s'engueule à propos de la garde estivale des Poites.

N’oubliez pas que je ne parle ici des choses que quand je parviens à en rire. Là, ça n’est pas drôle, du moins pas encore alors je ne détaille pas.

Quoi qu’il en soit, il y a eu dernièrement quelques règlements de comptes à O. K. Corral à la maison et si nous avons essayé d’épargner les Poites, il a été impossible de reporter certaines discussions (discussions autrement appelées "il faut battre la mauvaise foi pendant qu’elle est chaude").

Je garde des souvenirs affreux des disputes de mes parents. Elles furent nombreuses, surtout sur la fin et parfois physiquement violentes. J’ai le souvenir que ma sœur et moi, planquées sur le palier séparant nos deux chambres, nous relayions pour épier les mots échangés un étage plus bas. A l’époque, nous assistions tout à la fois à l’agonie douloureuse du couple de nos parents et à leur acharnement thérapeutique à son sujet.

Ce que j’observe chez les Poites est très différent. Peut-être sont-elles tout simplement trop jeunes pour percevoir toutes les subtilités de nos échanges mais, le peu que j’ai pu observer de leur attitude tandis que leurs parents comptent les points de la conjugalité auprès d’elles, me fait dire qu’elles demeurent sereines (ou alors, c'est qu'on s'engueule de manière cordiale, allez savoir).

Vendredi soir, alors que je séchais mes larmes sur le perron de la maison, Poite n°2 est venue, au prétexte que Maman-tu-m'avais-promis-que-tu-m'imprimerais-un-coloriage-Belle-se-marie (n’oubliez pas que j’imprime très bien les coloriages, c’est une de mes compétences maternelles majeures) et puis l’air de rien mais pas plus affolée que ça elle m’a simplement demandé "t’es triste Maman ?". Question à laquelle j’ai tenté de répondre objectivement et sans emphase. Se satisfaisant pleinement de ma réponse, elle a alors continué quasiment dans un seul souffle "tu sais je voudrais qu’on voit bien sa robe, jusqu’aux pieds, Maman".

Présentation

  • : Maman de deux Poites en une seule fois
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35 ans tous les deux, ensemble depuis 2005.

En 2009, on a essayé.

En 2010, on a galéré.

En 2011, contre tout avis médical, on a procréé.

Depuis, nous sommes passés de 2 à 4.

En une seule fois.

 

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