30 mai 2016 1 30 /05 /mai /2016 19:42

C’est une réflexion d'un proche la semaine dernière qui m’a fait réaliser le phénomène. Lequel n’a rien d’étonnant évidemment, quand on habite avec deux enfants de presque 5 ans à plein temps. Ce phénomène c’est le fait que je passe tout mon temps Poitesque à répondre à des questions.

Et je suis si bien installée dans cette interrogation permanente que je l'avais finalement presque oubliée.

Hier soir, dans la voiture qui nous ramenait du magasin dans lequel nous avions dégoté les cartes d’invitations pour notre grande journée des 5 ans de dans un mois, Poite n°1 m’a posé l’une de ces fameuses questions. Laquelle a débouché sur un débat qui est en lien avec une question que l’une d’entre vous m’a posé récemment par mail (Ariane, pour toi).

En l’occurrence, la question m’a été formulée ainsi :

« Maman, quand je serais grande, je veux être une princesse. Mais quand je serais vraiment grande, est-ce que je voudrais toujours être une princesse ? »

Vous pouvez observer une minute de repos, l’effort est grand.

En ce qui me concerne, j'ai serré très fort le siège auto au niveau de chacune de mes cuisses (c'est pas moi qui conduisais aussi, c'est pour ça), j'ai souri en coin, partagée entre le plaisir de ces petits neurones en ébullition et le désespoir de l'engluement maternel qui m'attendait. Et je me suis lancée. S'en est donc logiquement suivi un long débat entre la Poite et moi sur l’avenir, la croissance et l’ensemble des possibles qui ne manqueront pas de jalonner son parcours jusqu’au statut officiel et tant espéré de princesse.

Et pour illustrer mon propos, j’ai expliqué qu’il était probable que j’ai souhaité être une princesse un jour et que manifestement, j’avais changé d’avis en cours de route (si, si, il faut bien l’admettre). Et que c’était souvent le cas, nos ambitions d’enfants ne correspondaient pas forcément à nos réalités d’adultes (et croyez-moi, on est bien loin de la princesse dans mon quotidien salarié à moi que j’ai).

Et là, Poite n°1 m'a demandé : « et pourquoi les enfants ils changent d’avis Maman ? »

Parce qu’ils n’en sont plus, des enfants justement, ma chérie. Ou alors, peut-être vis-je avec une future princesse, qui sait ?

29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 19:46

J'ai failli ne rien écrire pour l'occasion. Ce n'est que ma 5ème pourtant. Mais en 5 ans, j'ai eu le temps de si bien la digérer ma maternité que cette journée n'a presque plus rien d'extraordinaire. Il y avait bien cette carte récitée en 4 minutes ânnonantes dès samedi, il y avait bien ce "on n'a rien acheté, Maman, tu sais !" au seuil de ces yeux fripons qui pêchaient le faux pour délivrer le vrai, il y avait bien les fleurs choisies selon un cahier des charges que seuls les enfants de 5 ans peuvent élaborer. Il y avait bien ces enfants, si miraculeuses, peut-être un peu plus d'année et année.

Et puis en cours de journée, j'ai lu. Des choses et d'autres sur la maternité (c'était le jour vous me direz). Beaucoup d'entre elles prenaient forme d'injonctions, l'air de rien. Tout au long de cette journée, il ne fallait pas tout sacrifier à ses enfants, briser le plafond de verre, revendiquer l'égalité, être parfaite et tout à la fois consciente de son imperfection, faire un rainbow cake, une manucure et surtout, surtout, s'affranchir des préjugés. Même faire fi de ces injonctions était présenté comme une injonction. Comme une mise en abyme de ce carcan maternel si intellectuellement confortable que les femmes (car ce sont aussi elles, n'est-ce pas ?) aiment à s'infliger.

Alors je me suis dit qu'il fallait que je continue de ne pas en parler.

C'est vous les mères, c'est vous qui savez le mieux. Pour vous, pas forcément pour les autres.

Et aujourd'hui, j'espère que vous avez juste été celle que vous vouliez. Ou qu'à défaut, parce que c'est bien beau la volonté, vous avez, rien qu'un peu, rêvé à celle que vous êtes. Au-delà des péripéties de votre utérus.

Edit : et pour vous qui attendez, juste la force d'oublier cette journée.

Edit 2 : d'ailleurs, à ce propos, on m'a demandé les coordonnées d'un(e) spécialiste PMA du côté de Strasbourg. Si vous avez ça dans vos tablettes, n'hésitez pas et merci !

27 mai 2016 5 27 /05 /mai /2016 21:17

Le choix. Je crois que passée cette anecdote, hissée depuis au rang de légende familiale, du jour de mes 4 ans où pénétrant dans un magasin de jouets pour y élire mon cadeau, j’ai focalisé immédiatement sur une peluche sans qu’on puisse ensuite me faire changer d’opinion, choisir m’a toujours plongé dans des états douloureux. Je n’utilise pas ce qualificatif au hasard tant parfois l’acte m’a plongé dans des affres profonds desquels j’étais pourtant bien la seule instigatrice.

Parce que choisir, c’est renoncer vous diront les philosophes et ils n’auraient pas tout à fait tort. Renoncer, c’est le mal et tous ceux qui me fréquentent d’un peu près le savent bien. D’où ma grande et récurrente propension au non-choix, solution bancale générant frustration et impuissance mais me protégeant des plus impossibles encore remords et regrets.

Bref, le choix, c’est compliqué et c’est donc logiquement le cœur régulièrement meurtri que j’observe mes propres enfants effectuer les leurs. Alors que leurs choix se cantonnent pour le moment à la couleur de leur nouveau t-shirt ou à la sélection de leur prochain jouet (tape 1 si je suis très mal protégée pour tous leurs autres choix, autrement plus impliquants, qui devraient suivre).

Mercredi, après avoir passé la journée dans un parc d’attraction à grandes oreilles, quand est venu le temps de choisir un souvenir, j’avais l’âme en souffrance et tout à la fois la volonté de n’en rien laisser paraître.

Parce que je tente, autant que faire se peut, de laisser les Poites décider pour ce qui les concerne. Sans orienter leurs choix, sans les manipuler, sans revenir sur ce qu’elles ont eu l’occasion de maîtriser (tape 2 si la maîtrise est le deuxième grand sujet douloureux de ma vie).

Mercredi, les deux seules contraintes imposées aux Poites étaient le budget et leurs désirs, deux éléments encore hautement compatibles à leur âge. Nous avons donc commencé par une visite complète du magasin. Avec arrêt sur les premiers coups de cœur Poitesques et élimination des quelques candidats hors d’atteinte budgétaire.

A chaque arrêt dans les rayons, Poite n°1 changeait d’avis pour élire le nouvel objet dans sa ligne de mire. Poite n°2, elle, ne disait pas grand-chose jusqu’à tomber sur la réplique miniature d’Arielle, version robe de mariée (quand je vous dis que cette enfant est obsédée par les noces). Ce fût la fin de la recherche et si la demoiselle fît semblant par la suite de regarder d'autres jouets, il fût vite évident que son cœur battrait ce jour-là exclusivement pour la rousse sirène.

De son côté, Poite n°1 jeta son dévolu sur une Reine des Neiges tournante et clignotante (c'est compliqué à expliquer) et un verre avec paille incorporée coloré de nombreuses princesses.

Sur le chemin du retour, j'y ai cru. A ce jour où chacune effectuerait un choix parfait, sans reluquer sur l'autre moitié de sa fratrie. Ce n'est que de retour dans la cuisine familiale que le premier regret fût émis, le verre à paille ayant attisé une certaine jalousie sororale (roooh ça va, avouez que ça faisait longtemps). Et ce "j'aurais dû prendre le même verre que Poite n°1", prononcé par une enfant pourtant peu encline aux remords m'arracha comme j'aurais dû m'y préparer tout un tas de petites cellules cardiaques. Si j'en avais eu le pouvoir, j'aurais remis Poite n°2 illico dans la voiture, direction la souris, afin d'effacer ce que malgré moi, je considère comme un outrage.

Le renoncement.

Mais il faut bien montrer l'exemple et tenter de protéger les Poites de cette angoisse d'avoir dû renoncer. Et au creux de la cuisine, jamais le bienveillant "je comprends, tu es triste" n'avait été si vrai. Serrant ma puînée, je réfléchissais déjà au moyen le plus simple et le plus efficace de lui procurer l'objet convoité.

Édit : j'ai écris "je réfléchissais". Je n'achèterai pas le verre, et ce pour de multiples raisons. Et puis elle a déjà oublié. Mais quand même, je voulais illustrer que l'élan est là. Les lignes qui précèdent, en apparence consacrées à mes filles ne sont finalement qu'un immense prétexte pour parler de moi, comme toujours.

26 mai 2016 4 26 /05 /mai /2016 20:14

Si vous le voulez bien, et malgré que nous ne soyons absolument pas mercredi, nous allons nous la faire en news.

Parce que, évidemment.

--> Je viens de réaliser, tardivement j'en conviens, que la fête de l'école qui se tient samedi (oui, le samedi d'après-demain) est une fête déguisée. Déguisée avec thème imposé, bien sûr. A savoir, pour le cas qui nous concerne, les Jeux Olympiques de Rio.

Reste plus qu'à réfléchir comment fagoter les Poites sans qu'elles ne finissent en maillot de bains et plumes à paillettes.

Je crois que finalement, j'aurais préféré ne pas lire à fond le mail de la directrice appelant aux volontaires pour la tenue du stand maquillage de 11h15 à 12h.

--> En rangeant l'armoire des Poites, ce soir, d'un coup de tête basé sur la vision du meuble dégueulant son contenu jusque sous le lit de Poite n°2, j'ai pu constater à quel point mois après mois, ma mère offre toujours à ses petites-filles, avec la constance éblouissante dont elle est capable, les mêmes vêtements. Jupes, shorts, collants venaient encombrer les étagères alors que je pensais m'être débarrassée des versions en trop au fur et à mesure.

Un jour, où alors est-ce un vœux pieux venant grossir la liste des choses qu'il faudrait éclaircir à propos du fonctionnement de ma mère, il faudra qu'elle m'explique pourquoi elle s'obstine à acheter identique, quand elle sait que je ne pratique pas l'habillage copié-collé. La dernière fois que j'ai cherché à obtenir une réponse, elle s'était contenté d'un "je n'arrive pas à faire autrement" plutôt mystérieux.

--> Enfin, j'en profite pour tirer au clair cette histoire de brosses à dents identiques. Oui, les Poites possèdent bien les mêmes brosses à dents électriques roses. Parce que c'est le modèle qu'elles ont conjointement choisi devant le rayon ad hoc du supermarché (et parce que je choisis mes combats). Mais en revanche, elles ne font pas bactéries communes et ont donc, judicieusement, positionné deux étiquettes de couleurs différentes sur les manches (après avoir néanmoins longuement bataillé pour déterminer laquelle aurait la chance et l'avantage de coller l'étiquette jaune sur son engin). C'est donc assez facile de les distinguer (pour quelqu'un qui ne se trouverait pas être daltonien, évidemment).

--> Sur ce, on se dit à bientôt.

Concocté par Adelles
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24 mai 2016 2 24 /05 /mai /2016 20:52

Souvent, quand nous sortons d'un week-end bricolage comme nous savons nous en concocter depuis août 2015, le Homard et moi évoquons la théorie des 95%. A savoir qu'en général, nous avons réussi à remplir tous les objectifs assignés... à 95%. Et 95%, c'est bien mais souvent pas suffisant (essayez de vous doucher dans une baignoire montée à 95%, vous verrez).

Il faut croire que pour les avant-après "toi aussi, rénove ta maison", c'est la même théorie qui est en marche. Après avoir passé quasiment une année sans pouvoir vous en proposer un seul, 95% d'entre eux sont désormais présentables.

Ne nous privons pas et enchaînons donc directement avec l'avant-après de la salle de bains du rez-de-chaussée.

Voici la salle de bains telle que laissée par nos prédécesseurs.

Avant / après : la salle de bains

Oui, je sais, toujours ce problème de mots qui vous manquent pour exprimer le mélange de sentiments que vous inspirent les avants de cette maison.

Ne tardons pas et passons donc à l'après.

Avant / après : la salle de bains

Vous avez toutes soupiré de soulagement, je vous ai entendu.

Pour résumer :

Les parois de la douche à l'italienne (laissez-moi avec ma vie idéale imaginaire) ont été recouverts durant 3 ou 4 longs, douloureux et coûteux week-end par votre serviteuse grâce à du béton minéral. On va pas se mentir, c'est donc long, douloureux et coûteux, surtout quand après deux couches épaisses de produit les quadrillages du carrelage caché en dessous sont toujours aussi visibles.

Le reste du carrelage a été repeint. Voilà, je m'étends pas davantage, là aussi sur les emballages on nous ment (on nous spolie), c'est bien plus de 2 couches qu'il faut.

Enfin, le meuble a été purement et simplement remplacé. La rénovation a ses limites que le marbre rose ignore. Il a donc été remplacé par un meuble à 150 euros dégôté au prix d'une consultation tirant vers l'obsession compulsive du site mon enseigne de bricolage préférée.

Bilan, une salle de bains enfin sortie de l'ère romaine et une transformation à peu de frais (faisons exception de la troisième couche de béton, si vous le voulez bien).

Concocté par Adelles - dans Ça déménage
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23 mai 2016 1 23 /05 /mai /2016 21:16

"Ah, c'est vous la Maman de Poite n°1 ?!" m'a fait une magnifique blonde au milieu de la cour de récréation au mois de janvier dernier, alors que j'houspillais mon aînée pour qu'elle daigne se souvenir de l'endroit où elle avait abandonné son sac-à-dos orange.

"Mon fils M. n'arrête pas de me parler d'elle" continuait-t-elle.

Et voyez-vous, c'est exactement là qu'a débuté un de ces grands moments maternels de solitude. Un peu comme le jour de la réunion de rentrée de petite section quand le parent Nutella prend la parole pour la toute première fois.

Parce que du petit M., Poite n°1 ne m'en avait jamais parlé. Du petit P. oui, du petit E. aussi mais du petit M. niet.

Loin de se décourager, la maman du petit M. continua. "Tous les matins, quand je l'emmène, il s'arrête devant la photo du porte-manteau de Poite n°1 et il me dit "elle est belle"".

Alors, j'étais là, désormais seule plantée au coeur de la cour, en face de cette jolie maman à laquelle, vraiment, même en cherchant bien, je n'avais rien à répondre. L’héroïne de la conversation, la seule à pouvoir témoigner de mon ignorance de cet éperdu M., manquait à mes côtés, laquelle avait déjà probablement déjà oublié pourquoi je lui avais demandé de retourner voir devant sa classe.

Que pouvais-je rétorquer ? Le mensonge ? Les remerciements ? Comment me positionner au juste dans cette relation dénuée de réciprocité et dont je n'étais moi-même pas partie prenante ? La vérité, c'est que je ne savais pas quoi faire de l'écho de cette affection profonde que, manifestement, ma fille avait non seulement décidé d'ignorer mais également par rebond de me tenir éloignée.

Alors, je ne sais plus bien, c'est déjà loin mais j'ai dû m'en sortir d'une pirouette assez inintéressante.

Depuis ce jour, le petit M. n'était revenu qu'une fois dans la conversation, ce fameux jour de l'achat des robes. A l'arrière de la voiture sur le chemin du retour, serrant dans ses bras ses achats tout neufs, Poite n°1 m'avait confié qu'"à tous les coups, je verrais Maman, elle était sûre que M., il lui dirait qu'elle était trop belle demain".

Mais il y avait eu dans le roulement de ses yeux un petit quelque chose qui m'avait fait penser que le petit M. menait toujours tranquillement sa relation à sens unique.

Et puis ce soir, sur le chemin du retour de l'école, entre Poite n°2 qui révisait ses révérences et Poite n°2 qui grimpait aux poteaux électriques, il y a eu ce "tu sais, Maman, avec M., on va s'épouser" qui m'a fait dire que le jeune homme, loin de se vexer, avait plutôt de la suite dans les idées.

19 mai 2016 4 19 /05 /mai /2016 20:13

Les Poites sont, j’imagine, comme tous les enfants de presque 5 ans, préoccupées par des sujets inattendus.

Si Poite n°2 se préoccupe essentiellement de mariage (et surtout du non-mariage de ses géniteurs), passant des heures sur Google Images à examiner des robes toutes plus blanches les unes que les autres (voile pudique), Poite n°1, elle, passe beaucoup de ses journées à tenter de distinguer le faux du vrai.

Le faux du vrai sur à peu près tout. Est-ce que les loups existent vraiment ? Et si oui, existent-ils dans notre commune (les Hauts-de-Seine, cette jungle qui s’ignore) ? Et les sorcières, elles existent ? Et les fées ? Et les princesses ? Et allez expliquer, vous, à ces yeux sans fond de perplexité, que Raiponce et Anna n’existent pas mais que Caroline de Monaco est bien une vraie princesse même en l’absence de toute traîne digne de ce nom dans son dos.

Et puis de fil en aiguilles, nous en sommes arrivés à décortiquer la télé.

Parce que s’il semble à peu près acquis que les personnages de dessins animés n’existent pas vraiment (bon, pour Mimi Cracra, on a encore des doutes), les gens de la télé sont, eux, de la catégorie des imprécis.

Mais oui, mais enfin, évidement, au fond quand on y réfléchit, est-ce que ce monsieur de la météo, c’est un "vrai gens" ? Et pourquoi serait-il davantage un "vrai gens" qu’Emilie Jolie qui se trouve être une "vraie" petite fille ?

Je vis de belles soirées, vous en conviendrez.

Bref, je gérais à peu près ce besoin récurrent d’éclaircissement sur la véritable existence des gens (ou des loups) jusqu’à ce que Poite n°1, à l’occasion des vacances de Pâques ne visionne en notre compagnie un épisode de "Scènes de Ménage" (ne nous jugez pas, si Capital est notre compromis de couple, Scènes de Ménage est lui notre compromis familial) (je vous rappelle que la définition d’un compromis est quelque chose – émission, film, restaurant, papier peint - qu’individuellement aucune des entités présente n’aurait volontairement choisi mais qui se trouve être élue dès lors que les entités cherchent un consensus).

Au bout d’un certain temps (un temps certain) de visionnage, à ce moment crucial où Loup-Denis et Audrey (vous n'avez qu’à faire de Scènes de ménage votre compromis) en étaient à planifier leur mariage, ça n’a pas manqué, Poite n°2 se dandinait de contentement Poite n°1 me tapote la cuisse au son de "c’est des vrais gens, Maman ?".

Que "oui ma chérie", réponds-je.

Sauf que cette fois-ci, la demoiselle ne se contenta pas de ma réponse.

"Alors, ils sont vraiment amoureux ?", poursuivit-elle.

Aie, l’affaire se compliquait. Et voyez-vous à partir de là, mon souci du détail et moi nous sommes vautrés dans une tentative d’exposé sur le métier de comédien. En face, la lèvre inférieure de mon aînée s’affaissait sous le poids de mes explications et ses yeux se creusaient tandis que je semblais l’embrouiller de plus en plus profondément avec mes histoires de "gens vrais" qui faisaient pourtant "semblant".

A un moment donné, alors que toutes les personnes présentes sur le canapé blanc en avaient totalement perdu le fil de l’histoire se déroulant réellement (ou plutôt fictivement) (vous criez si vous êtes perdues) sur l’écran, Poite n°1 tenta de me soulager en me jetant un "d’accord, maman, j’ai compris" (c’est l’empathique de la bande, je vous rappelle, elle est prête à tout pour que surtout, on soit tous heureux autour d’elle). Alors que la ride beaucoup trop juvénile soudainement creusée au milieu de son front tendait à prouver que non, objectivement, j’avais été minable, elle n’avait rien compris.

Et comme pour me prouver mon retentissant échec, jetant un œil à Liliane affairée dans sa cuisine, l’enfant perdue rajouta : "alors la dame, là, elle fait juste semblant de porter une jolie robe, en vrai, elle est toute nue".

La solitude maternelle n’est parfois qu’une immense avarie dans la vie d’une femme.

17 mai 2016 2 17 /05 /mai /2016 20:00

Samedi, je me suis acheté des nouvelles lunettes. Et je ne vous en parlerais pas si le vendeur de lunettes ne s’était trouvé être le rejeton de nos voisins. Nos nouveaux voisins (bien que vieux, donc) de notre nouveau quartier. Et de fil en aiguille, de monture en écailles en verres traitement anti-reflets, nous avons dévié vers les (peut-être) futurs collège et lycée des Poites que le jeune homme avait fréquenté en son temps.

Ça n’a aucun rapport, j’en conviens. Mais si je vous parle aujourd’hui de mon vendeur de lunettes, c’est parce que nous touchons ici du doigt un des paradoxes importants de ma vie (pas essentiel, pas majeur, juste important).

La scolarité et la réussite sociale des Poites.

99% du temps, je suis sincèrement persuadée de me foutre éperdument de l’avenir professionnel de mes filles. Dans le sens où je crois qu’elles pourraient devenir éboueuses, prothésistes ongulaire mécaniciennes ou avocates que ça me ferait le même effet. Le même effet, sauf que ce détachement est tout de même conditionné par 2 préalables : leur épanouissement, si ce n’est professionnel, du moins personnel et leur indépendance financière.

Deux conditions en confrontation avec l'illusion du détachement maternel qu'elles soutiennent. Mais ces deux conditions remplies donc, il me semble -ou est-ce un mirage auto-alimenté ?- que leur destin professionnel m’est égal.

Et pourtant (et pourtant), j’ai sélectionné notre – à l’époque – future maison, entre autres critères compliqués aussi pour son emplacement géographique et en conséquence sa sectorisation scolaire.

Et qu’évoquant leur potentiel futur lycée, je me suis pris 10 ans d’anticipation (6 ans pour le collège, mais quand même) dans la tronche plus ou moins (plutôt moins que plus) à l’insu de mon plein gré.

Alors quelle part de détachement, quelle part de programmation sociale, quelle part d’hésitation et fatalement d’auto-mensonge entre les deux plateaux de ma balance maternelle ? (vous avez 2 heures)

Plus tard dans le week-end, je ne sais plus par quels hasard et coïncidence, le Homard et moi avons furtivement reparlé de cette potentielle future scolarité. Je ne vais surprendre personne, nous n’avions absolument pas la même vision de la chose (parfois, je me demande sur quel malentendu notre couple parvient encore à survivre à toutes ces divergences d’opinions) (je vous vois penser au cul, vous savez). Parce que la vérité de nos situations individuelles brouille encore un peu plus les données de l’équation. Lui, dont il aura fallu convaincre ses parents qu’il pouvait faire mieux qu’un CAP, option électricité ou plomberie. Moi, qui étais destinée à tellement mieux que ce à quoi je suis parvenue.

Lui et moi, enfermés plus ou moins volontairement dans nos vies de cadres à paradoxes. Heureux de ce qu’ils possèdent, désespérés du peu de sens de leurs existences.

Alors, je ne sais pas ce qu’il adviendra dans 10 ans. J’ai beau déclarer m’en foutre, l’investissement sur 25 ans que représente cette maison et ses innombrables week-ends à se prouver que vraiment, ça n'est pas plus mal que le Homard n’ait pas fini plombier, sont bien là eux, déjà en filigrane de cette… comment définir ce déterminisme social que finiront immanquablement par vivre les Poites ?

La bonne sectorisation, le bon collègue, le bon lycée, la route déjà toute tracée d’enfants qui me demandent pourtant encore tous les jours la permission d’aller faire caca.

Comme pour se justifier du fait que oui, nous (je) leur aurons donné toutes les chances de réussir. Reste à trouver quoi réussir, au juste ?

15 mai 2016 7 15 /05 /mai /2016 22:20

Cette journée fût encore riche en bricolages. A l'heure qu'il est, la salle de bains du bas est classée en intempérie (et coule dans le sous-sol) mais le portail, lui, est flambant neuf.

Et les Poites, comment ont-elles occupé ces heures laborieuses, me demanderez-vous ?

Manifestement, elles ont découvert la fonction appareil photo de mon nouveau téléphone portable.

Les Poites ont inventé le selflou

Les Poites ont inventé le selflou

Le portail (mes cheveux blancs) et moi

Le portail (mes cheveux blancs) et moi

Des pieds dans un sens...

Des pieds dans un sens...

... des pieds dans l'autre

... des pieds dans l'autre

Une Poite timide

Une Poite timide

Une Poite qui rentre pas dans le cadre

Une Poite qui rentre pas dans le cadre

Oui, on est très propre dans la famille, c'est pour ça

Oui, on est très propre dans la famille, c'est pour ça

Poupouille (je vous ai déjà parlé de Poupouille ?), super star

Poupouille (je vous ai déjà parlé de Poupouille ?), super star

Mais ça va, vous voyez, j'ai que 153 photos à supprimer de la galerie maintenant.

14 mai 2016 6 14 /05 /mai /2016 21:47

Vous, parents décontractés

Vous qui les laissez partir en train, en avion, en charrette à bœufs, le cœur serré mais serein

Vous qui n’avez jamais rêvé défenestration et noyade

Vous qui n’avez pas besoin d’au moins une photo par tranche de 24h pour être certain qu’ils sont toujours vivants

Vous qui ne réfléchissez pas vainement à la façon dont ils vont mourir loin de vous

Vous qui n’avez jamais perdu votre enfant au seuil d’un parking, d’un magasin ou au coin de la rue

Vous qui n’avez pas besoin de conserver un lien visuel avec eux pour être persuadé de leur survie

Vous qui n’imaginez pas leur décès dès qu’ils tournent les talons, décès violent si possible

Vous qui n’envisagez jamais leurs grands-parents comme des meurtriers potentiels

Vous qui n’avez jamais songé que s’ils sont vivants actuellement, c’est en dépit d’eux (et accessoirement grâce à vous)

Vous qui n’avez pas à contenter chacun en étant invité à vous asseoir sur vos angoisses

Vous qui tout simplement savez que oui, ils vont revenir

Vous, je vous envie.

Mais existez-vous vraiment ?

Edit : tout va bien, je suis simplement en train de planifier les vacances d'été des Poites chez leurs grands-parents. Et je le vis très bien, merci.

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En une seule fois.

 

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