26 septembre 2016 1 26 /09 /septembre /2016 11:01

Alors oui, je sais, nous sommes lundi et il n’y a rien eu de neuf par ici depuis 4 ou 5 jours. Cela ne m’arrive pas souvent pourtant. Pas la panne, non. Mais l’absence d’envie.

J’étais là, hier soir, seule sur ce grand canapé blanc avec au-dessus de ma tête le sommeil de mes deux enfants, et l’avion dans lequel se trouvait le Homard, direction l’Allemagne, nouveau pays élu pour la semaine à venir.

Pourtant l’envie, les envies, ce n’est pas ce qui me manque en ce moment. En vrac, rouler des pelles, boire beaucoup et être reconnue à la hauteur des tâches ingrates que j’effectue.

Hier soir j’ai pensé à vous écrire plein de choses.

Cette nouvelle dépense engagée pour une maison dont nous ne savons pas à quelle sauce elle sera mangée dans quelques mois. Avec cette sensation de conjurer le mauvais sort en pariant tout de même pour l’option « tout ira bien ». Parce que je crois qu’au-delà de nos pires défauts à tous les deux, cet optimisme, inaltérable, à la limite de l’inconscience pour lui et du fondamental pour moi, nous rassemble puissamment.

Et puis l’empathie des Poites. La terrible empathie des Poites. Dans mes moments de moins bien, j’ai tellement peur que ce sens de l’autre ne soit finalement qu’un reflet de l’affreuse culpabilité féminine que toute ma lignée se trimballe depuis des générations. Mais quand l’espoir revient, je ne peux que me réjouir d’avoir été dotée d’enfants compatissants.

Pas une fois où les pleurs de l’une ne provoquent en cascade les pleurs de l’autre. Pas une fois où une blessure involontaire de l’une sur l’autre ne provoque des grandes scènes de pardons réciproques.

Vendredi, Poite n°2 s’est effondré en larmes devant Koh Lanta (c’est le moment où je rappelle que pas d’écran avant 3 ans ?) parce qu’on avait demandé à un jaune de devenir rouge (ou l’inverse). Après, on en a rigolé bien sûr, parce qu’au-delà de l’empathie, on apprend dans cette famille à ne pas se prendre (trop) au sérieux. Mais ce n’est pas celle qui a pleuré à chaudes larmes devant le Voyage d’Arlo qui jettera la pierre à sa fille.

Ce « pourquoi tu veux toujours qu’on soit différentes ? » de Poite n°2 un matin beaucoup trop tôt. Cette enfant a une passion définitive pour les questions compliquées, exclusivement distillées avant 8h du matin. Cette enfant a une passion aussi pour appuyer là où ça fait mal, même si je me surprends sur ce sujet comme sur tant d’autres, à me détendre dangereusement. Tellement que j’ai proposé récemment d’acheter identique au prétexte que ça serait plus simple pour tout le monde.

Le hic pour lui fournir une explication, c’est qu’élevées dans la doctrine du différent, ces enfants n’ont encore jamais expérimenté les côtés obscurs de l’amalgame.

Voilà, j’ai pensé à plein de choses. Mais l’envie n’avait pas pensé à moi.

21 septembre 2016 3 21 /09 /septembre /2016 19:48

Lundi soir, c'était le retour des fesses posées sur les toutes petites chaises bleues. Et c'était le retour de la collation aussi, fidèle corollaire des années maternelles des Poites. J'ai tiré la carte fruits cette année, la continuité pour Poite n°2 déjà habituée aux saveurs pomme-banane quotidiennes.

Je considère cette année scolaire comme double. Doubles enfants, doubles collations. Comme les deux années précédentes. Ce qui portera à six en fin de saison le nombre de millésimes consacrés à nourrir 25 à 30 enfants plusieurs fois par mois.

S'il existait une décoration du parent permanent mention collation, sûre que j'aurais le revers de la veste épinglée.

Cette année encore, des questions. Sur les quantités (je voudrais éviter un second pomme' gate alors je ne développe pas), sur les saveurs, sur les variétés à proscrire (y'en a un qui est allergique à la pomme de terre dans le lot), sur les horaires et sur l'incontournable fréquence de l'événement.

Puis, j'étais là, écoutant distraitement la maman de la petite J. tenter de négocier l'achat de sachets de fruits secs quand soudain, sur mon téléphone, comme s'il avait su que justement, nous abordions la question, le Homard tintinnabula.

La collation
20 septembre 2016 2 20 /09 /septembre /2016 19:48

Venez, on dirait que tout ça, ça serait pour de faux.

En vrai, je ne serais pas là sur mon canapé, seule, à attendre le Homard parti à 8 heures de voiture de là enterrer une jeune âme de 35 ans. Poite n°1 n'aurait perdu aucun gilet rose à l'école. Je ne me serais pas demandé 12 fois, le temps du trajet entreprise-école, pourquoi j'étais encore en train de courir (en voiture mais on se comprend) (vous êtes un lectorat d'élite, je vous rappelle). J'aurais prévu d'embrasser les Poites les deux matins prochains. Je ne leur aurais pas expliqué que pour les 48h qui viennent, elles ne verraient jamais simultanément leurs deux parents. Poite n°1 ne se serait pas approché de moi en me demandant "mais là, Maman, c'est qui qui nous garde ?". Le centre de loisirs ne ferait pas grève en nous prévenant la veille. Je n'aurais pas 2 collations à gérer en parallèle. La fille de la maîtresse de Poite n°1 n'aurait aucune maladie grave qui obligerait sa maman à céder son poste pour plusieurs mois. Le Homard ne partirait pas 3 jours durant en Allemagne. Personne ne voudrait rien construire au fond de mon jardin. Mes copines ne seraient ni tristes, ni angoissées, ni constamment au bord des larmes. Ma mère ne ferait aucun transfert foireux sur mes enfants. Poite n°2 ne m'aurait pas demandé au bord de son lit pourquoi "les gens, ils nous confondent ?". L'animateur n'aurait pas dit "au revoir les jumelles". Le grand frère de J. n'aurait pas lancé non plus, au sortir de l'école, "hé salut les 2". Ma voiture n'allumerait pas alternativement deux voyants aussi fâcheux l'un que l'autre. Et puis, il y aurait la promesse de vacances sur des plages paradisiaques, sans la crainte de monter précédemment dans un avion.

En vrai, cette succession des petits grands riens emmerdants de la vie aurait du sens. Et les 7,77 euros par repas et par Poite à la cantine aussi.

19 septembre 2016 1 19 /09 /septembre /2016 20:09

Samedi matin, intérieur jour, scène de petit déjeuner.

Personnages : le Homard, votre serviteure (si je veux) et ma mère (on ne s’étendra pas sur le pourquoi du comment ma mère dans ma cuisine un samedi à 9h, s’il vous plaît, merci).

Les Poites sont encore au lit, il est 9 heures moins quelques grappes de minutes (vous pouvez me détester) (j’ai subi 3 ans de réveils hurlants pour en arriver là).

Ce matin-là, je dois partir à 9h. Aucun bruit à l’étage. Aucune trace de pas, aucun son. Aucun prémices de leur réveil. Alors, je pense tout haut. Quelque chose qui doit ressembler à "je crois que je ne verrais pas les Poites avant de partir". Pas désespérée, j’en suis certaine. Pas larmoyante.

Juste une mère. Enfin, il me semble que c’est une phrase de mère. Mais allez savoir si je ne me trompe pas sur ça aussi.

Mais en face de la tasse à café, ça fuse. « Oui, bon, c’est pas grave, tu les vois tous les jours ».

Sous-entendu : "moi par contre, je ne les vois pas…"

Sous-entendu : "…donc pars vite et reviens tard…"

Sous-entendu : "…tu n’as pas besoin de les voir tous les jours, toi"

Je pouffe mon café. Le Homard pouffe son café.

Peut-être ne se souvient-elle pas des matins sans nous voir ? Mais est-ce un problème de mémoire ou un problème d’amour ? Peut-être n’étaient-ils pas tristes les matins sans nous voir ?

Et qu’y a-t-il dans cette phrase ? La souffrance d’une grand-mère ? L’incompréhension de sa fille ?

Quelle place de mère(s) pour elle et moi ?

18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 20:49
Le challenge

Poite n°1 était en chaussettes dans ses nu-pieds par 19° extérieurs. Poite n°2 a eu le gilet boutonné comme un pompier toute la journée.

Sur la table basse vers 18h, j'ai exhumé 2 cadavres de jouets directement venus d'un fast food. Et ils ont acheté des tas de choses inutiles au supermarché au premier rang desquels un énorme régime de mini-bananes improbables.

Mais samedi soir, au terme d'une journée passée sans moi, juste avant l'endormissement express sitôt posé sur l'oreiller, le Homard m'a dit : "j'ai passé une bonne journée".

Challenge accepté.

Challenge réussi.

Edit : et aucune petite culotte verte dans l'entrée

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14 septembre 2016 3 14 /09 /septembre /2016 20:25
Les pas chassés

Parce que je ne suis pas à une contradiction près, j'ai accompagné les Poites cet après-midi à un cours d'essai de baby danse. En promettant peut-être un peu trop l'acquisition prochaine de deux tutus roses.

Ces trois quarts d'heure n'ont ressemblé ni de près ni de loin à un quelconque art chorégraphique, il faisait chaud et je m'auto-asphyxiais avec l'effluve de mes propres pieds et pourtant, j'ai affiché, non stop, un sourire idiot caractéristique.

A l'issue du cours, le verdict est tombé. Elles veulent s'inscrire,"et on va acheter les tutus maintenant, Maman ?".

Je ne sais pas encore où nous mènera cette expérience dansante mais ces trois quarts d'heure à observer l'air niais et la tête dangereusement penchée les Poites exécuter de maladroits pas chassés m'ont provoqué un plaisir imprévisible.

Et le plaisir, par les temps qui courent, ça ne s'ignore pas...

13 septembre 2016 2 13 /09 /septembre /2016 20:48

Ne me demandez pas pourquoi, ne me demandez pas comment (et de toutes façons, je nierai avoir mis ces enfants devant un écran avant 3 ans) mais ce soir, les Poites ont dîné en compagnie de Bruno Lemaire, invité d'un soir de la nouvelle émission Quotidien (à ma décharge, elles m'avaient presque supplié-yeux-de-chat-potté pour manger devant la télé) (et je suis pas mûre pour manger devant Titeuf).

Bref, cinq fourchettes de purée Mousseline plus tard (moi je suis traumatisée du croque-monsieur sans fromage, elles ce sera des purées mousseline trop salées) (chacun sa croix), Poite n°2 s'est retournée vers moi et c'est exactement à ce moment-là que la soirée a viré au n'importe quoi.

-Maman, c'est lui notre maire ? a-t-elle débuté.

Parenthèse

Vous n'êtes pas sans savoir que le Homard et moi nous trouvons actuellement les deux pieds bien enfoncés dans ce que nommerons pudiquement le projet NO PASARAN. Or, assez naturellement, nous parlons beaucoup de monsieur le Maire dans le cadre de ce sujet enthousiasmant.

Avouez que pour un cerveau de 5 ans, monsieur Lemaire ou monsieur le Maire, hein...

Fin de parenthèse

-Ah oui mais non, ma Chérie, lui c'est monsieur Lemaire (phonétiquement, je suis la clarté). Il s'appelle monsieur Lemaire mais il n'est pas le Maire (où est la bouée ?).

-Mais le monsieur, il l'appelle Lemaire !

-Oui, tout à fait, mon oiseau des îles, mais il s'appelle Lemaire comme toi tu t'appelles B. Lui, c'est monsieur Lemaire et toi c'est mademoiselle B., tu vois ?

-Mais alors, il est pas le Maire ?

-Ouiiiiiiiiiiii (un peu trop de iiiiiii d'enthousiasme maternel), ma noix de coco, c'est ça, il n'est pas Maire. Il est Lemaire.

-Il est député Lemaire (intervention du Homard depuis la cuisine) (il m'aide en général dans la vie ce garçon, mais pas ce soir en fait)

-Tu vois, Poite n°2, il est député monsieur Lemaire, pas maire (gouttes de sueur sur le canapé blanc).

-C'est quoi député Maman ? (intervention de Poite n°1) (j'ai ravalé un sanglot et j'ai dit qu'on verrait ça plus tard) (style au collège QUOI)

-Et il aimerait bien être président de la France aussi, Lemaire ! (le Homard, cuisine, etc etc)

-Mais alors, Maman, comment il s'appelle le Maire ?

-Le nôtre, mon crapaud ?

-Oui, monsieur le Maire ! (air vaguement exaspéré)

-Euh, je sais pas, Jean-Michel je crois ma noisette dorée (c'est toujours mieux que Jean-Claude remarquez)

-Non, mais son nom, Maman, c'est quoi à monsieur le Maire ?

-C'est Boulanger, ma licorne arc-en-ciel ! (ne googlelisez pas, j'ai transformé) (mais notre maire porte un vrai nom de métier)

-Il est boulanger le Maire ? (à ce stade, il y avait un tel désespoir dans ses yeux, si vous saviez)

-Ben non, il est maire monsieur Boulanger !

-C'est facile, enchaîna le Homard, l’œil frisé en sortant de sa cuisine, Lemaire il est député et Boulanger, il est pas boulanger. Mais y'en a un des deux qui est Maire.

Bref, avec Poite n°2, on a révisé notre éducation civique.

12 septembre 2016 1 12 /09 /septembre /2016 19:31

J’ai commencé mentalement 2 ou 3 articles avant de tous les laisser tomber, faute d’angle suffisant séduisant pour les développer. En général, quand ça part comme ça, c’est inutile de se formaliser, ça ne fait que s’enliser. Alors, comme je suis sans post fixe, on va se faire un bon petit point Poites de derrière les fagots (coucou, je suis l’audace).

Poite n°1

* Est drôle. Et légèrement déjantée aussi. Et drôle.

* A déclaré un soir qu’elle n’avait plus besoin de son doudou pour dormir. Et ne l’a plus jamais repris depuis.

* Cède toujours aussi souvent aux desiderata de sa sœurette.

* Se lave seule les cheveux, équipée de sa fidèle paire de lunettes de piscine rose fluo.

* Représente sa maison et son jardin sur 99% de ses dessins.

* A probablement pris un nombre de centimètres impressionnant durant les 2 mois d'été vu la vitesse à laquelle les petites robes estivales raccourcissent.

* Est responsable du rangement de la bibliothèque de sa classe. Avec les yeux qui brillent et la poitrine gonflée.

Poite n°2

* A un nouvel ami imaginaire joliment prénommé Jean-Claude. Et malgré ce prénom disons discutable, le jeune homme s'avère être Prince de sang royal.

* Fait craquer la maman de sa super copine L. avec la manière qu’elle a de se précipiter dans ses bras dès qu’elle l’aperçoit.

* Se demande comment le ciel s’allume. Et voudrait apprendre à y voler aussi.

* A terminé un après-midi mère-Poite (oui, au singulier) fièrement attablée devant un sirop de menthe à la terrasse d'un café.

* A enfin changé de pointure et affiche désormais un (petit) 26.

* A inventé un jeu de balançoire consistant à dégommer avec la pointe des pieds les cintres posés sur le fil positionné juste en face.

* A une perruque dans sa classe. Mais si, vous savez, la peluche qui passe de famille en famille tous les week-ends. Une perruque, quoi.

8 septembre 2016 4 08 /09 /septembre /2016 20:43

Je suis contradictoire. Peut-être est-ce une caractéristique banalement féminine d’ailleurs. Je suis aussi ambivalente et ambiguë. Pour résumer, je suis tout ce que le dictionnaire des synonymes peut intégrer comme équivalent au mot "partagée".

Souvent, quand je tente de justifier mes errements et que j’argumente d’un "souvent femme varie", le Homard me reprend et corrige par "non, souvent MA femme varie".

Bref, sur Twitter mon # pourrait être #JeSuisHésitation.

Et puis, il y a tous ces autres cas où je sais. Et je sais avec la même force que je suis hésitante le reste du temps. Je vous jure, cette force est démente. Elle est là, souvent évidement, pour les Poites.

Je savais que les jambes de Poite n°1 très arquées au début de son acquisition de la marche n’étaient pas inquiétantes.

Je sais que les soucis de sommeil de Poite n°2 sont avant tout liés à notre relation à toutes les deux. Ce n’est pas un excès de zèle, ni une tentative d’auto-culpabilité abusive. C’est ainsi, je le sais.

Je savais pour la pièce de monnaie dans la bouche de Poite n°1 un matin que j’étais dans la douche et elles dans leur parc.

Je sais qu’il va falloir quelques séances d’orthophonie à Poite n°2 pour venir à bout de ces ze, che, je qui se ressemblent tous un petit peu. Et ce n'est pas grave, ça ne m'inquiète pas mais je le sais.

Je savais pour la pneumopathie de Poite n°1. Enfin, je ne savais pas la maladie mais je savais que cette nuit-là ne serait pas comme les autres.

Je sais que Poite n°2 n’a pas besoin de fond de l’œil au prétexte qu’on en a recommandé un pour sa sœur.

Je sais que les Poites ne seront pas en sécurité tant qu’il y aura une piscine dans le jardin de leurs grands-parents.

Je sais que partager sa classe avec exactement 7 moyens ne remettra pas en cause l'année de grande section de Poite n°2. Je le sais, n'en déplaise à ma mère.

Ce n’est pas la première fois, je crois, que j’évoque mes certitudes. Peut-être parce qu’elles sont d’autant plus violentes que rares. Je ne suis pas à l’aise avec elles. Parce que lorsque je sais, il faut soudainement que je tente de convaincre le reste du monde de mon savoir. Avec le doute de ne jamais l'avoir tout à fait convaincu.

Alors, oui, je sais. Mais le doute, mon fidèle doute, n'est jamais bien loin. Et j'aimerais que les autres sachent aussi fort que moi, pour être certaine que la certitude restera, même si moi j'en arrivais à flancher.

Edit : une pensée sincère pour celles qui auront compris les dernières phrases

Edit 2 : bienvenue dans mon cerveau

Edit 3 : j'ai passé au crible le cabanon, je n'ai rien trouvé d'autre qu'une binette bleue, flambant neuve

6 septembre 2016 2 06 /09 /septembre /2016 21:21

Ce soir, le Homard est rentré tard. La faute au client allemand, au collègue espagnol ou au directeur monde, allez savoir. Peu importe.

A 20h20, les Poites étaient couchées, occupées à débattre de qui possédaient la meilleure maîtresse (l'une a donné à ses élèves des classeurs en lieu et place de cahiers ; l'autre a appris à la classe une comptine pour ranger). J'entendais leur pépiements peu discrets depuis la salle de bains du haut et je m'apprêtais à dire que ça-suffit-c'est-l'heure-de-dormir quand j'ai capté le bruit du portillon sèchement refermé. Un an que le portillon fait ce bruit-là, entre 19h et beaucoup plus tard, repoussé par le bout d'une chaussure taille 43. Alors, je me suis approchée de la fenêtre. Et je l'ai vu, le Homard, se diriger vers le fond du jardin.

Aucune raison de se diriger vers le fond du jardin. Ni la bonne heure, ni la bonne circonstance, ni les bonnes chaussures en cuir. En général, à cette heure-ci, le chemin est immuable, l'allée sur quelques mètres, les marches de la véranda, le couloir, les souliers qui s'envolent, le bonsoir qui rebondit sur les murs. Avant 20h, il y a les "Papaaaa" en retour, avec tellement de A et si vous saviez comme ils sont ma réussite ces beaucoup trop de A. Après 20h, le bonsoir qui rebondit un peu à plat mais qui n'est rien qu'à moi.

Alors, pourquoi le fond du jardin ? Je suis restée à l'observer s'éloigner. Il a dépassé le milieu du jardin, laissé les balançoires sur la gauche, croisé les groseilliers et est rentré dans le cabanon derrière le poirier. En ressortant, je l'aurais juré, ses bras étaient comme un peu moins encombrés.

Bêtement, j'ai plongé sous l'encadrement de la fenêtre. C'est idiot, parce que quand je suis remontée, il avait le regard planté devant lui et n'avait pas relevé la tête vers ma cachette.

Il y a quelque chose dans la cabane au fond du jardin (désolée, trop tentant). Ou peut-être rien. Il y a la promesse de quelque chose. Ou une réalité de rien.

Si ça se trouve, il a juste acheté un sécateur. Mais peut-être pas.

Il y a une promesse au fond du jardin.

Concocté par Adelles - dans Crustacé for ever
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