19 janvier 2017 4 19 /01 /janvier /2017 20:30

Aujourd'hui jeudi, les Poites avaient sortie scolaire en région parisienne lointaine avec au programme la visite du château médiéval local.

Parenthèse (oui, ça démarre fort)

Deux principales informations à retenir de cette journée : 

Information n°1 : "Maman, tu savais que les méchants, ils s'appellent aussi les ennemis ?" et information n °2 : "Tu sais, Maman, on a visité la cuisine et les gens morts, ils avaient même pas de frigo !"

Fin de parenthèse moyennâgeuse, merci

Or hier, mercredi soir, j'ai reçu un sms de la maman de E., une bonne copine des Poites m'informant que son mari (le papa de E., essayez de suivre sinon on est pas rendues) accompagnait les classes (saluons au passage le courage de cet homme d'affronter températures négatives et enfants de 5 ans plongés dans pareilles températures).

J'avoue, je ne savais pas trop quoi faire de cette information mais comme je suis polie et les parents de la petite E. des gens charmants, j'ai répondu "merci de cette info, bonne journée à lui" (ou quelque chose de ce goût-là, faîtes preuve d'imagination).

Et alors que je pensais cet échange terminé, la maman de E relança soudain d'un "si tu es angoissée par le trajet en car, grâce à lui je pourrais te tenir au courant quand ils arriveront" (sous-entendus : "vivants").

J'ai déjà eu l'occasion de m'en épancher, je ne suis pas une mère plus sereine que les autres. Pas moins sereine non plus mais pas toujours d'une zénitude à toute épreuve, j'avoue. La preuve, hier soir mercredi à 19h54, j'ai regardé attentivement autour de moi et partout dans la pièce, il y avait mes angoisses de mère éparpillées dans l'épaisseur de l'air.

Angoisse n°1 : l'enlèvement

Angoisse n°2 : la noyade

Angoisse n°3 : l'étouffement

Angoisse n°4 : la défenestration

Angoisse n°5 : la disparition dans un lieu public

À 19h54, je le jure, il n'y avait pas d'autre numéro sur ma liste interne de peurs incontrôlables. Mais après avoir lu ce simple SMS, je la sentis monter le long de mon cou désormais crispé. Se faisant une place dans ma vie de mère pas plus sereine que les autres, l'angoisse n°6 s'incarna soudain et pris alors forme d'accident de car scolaire.

 

Edit : et si je me suis bien démerdée, vous venez de rajouter une ou deux angoisses à votre actif, vous aussi au passage...

Edit 2 : le contenu de la parenthèse vous indiquera que le car et les Poites incluses dans le car sont bien revenus à leur point de départ.

Edit 3 : enfin, je n'avais fourni qu'un seul dessert pour le pique-nique alors que les 52 autres enfants semblaient tous en être dotés de deux mais c'était une belle journée quand même.

Edit 4 : ouf, on est rassuré.

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18 janvier 2017 3 18 /01 /janvier /2017 21:22

Bien sûr, il y a la maternité. Bien sûr, il y a la fatigue. Bien sûr, il y a les hormones. Bien sûr, je sais tout ça et je comprends pourquoi. Mais je pleure si souvent. Enfin, non, pas aussi souvent que les larmes montent parce qu’avec ce qu’il me reste de dignité, j’arrive parfois à stopper l’hémorragie. Mais dans une journée standard, j’ai si souvent le nez qui pique.

 

Poite n°2 et ses yeux éperdus d’amour pour le barbu à côté de qui je lui cède la place durant nos 10 minutes matinales de cododo.

Les enfants syriens qui frappent aux fenêtres de la voiture en agitant leurs papiers.

Les pertes petites ou grandes de Poite n°2 et son désespoir qui rebondit sur le mien.

Le petit monsieur avec son chien, celui que je croisais tous les matins à 8h30. Et que je ne croise plus.

Barack et sa Michelle.

Les gens qui perdent un proche. Les gens qui perdent des repères. Les gens qui perdent la face.

Les papas des mariées dans les programmes télé dont on a honte de reparler.

Les papas, tout court (j’avais initialement mis un « s » à court et je suis effarée de la tournure tout à fait différente que cette phrase avait alors).

La pub Ikéa. Celle de Kinder. Les pubs Apple. 

Les humains vaincus par les inhumains qui s'explosent.

Les enfants qui perdent leurs parents. Les parents qui perdent leurs enfants.

Les couples qui se brouillent. Les couples qui se débrouillent.

Les gens qu’on ne connaît pas et qui vivent le pire.

Les petites vexations qui ne s’effacent pas aussi vite qu’elles devraient.

Le monsieur qui me fait un pouce Facebook (en moins bleu) parce que je le laisse passer au passage clouté.

Le sort qui s’acharne avec une telle fidélité sur une poignée de toujours les mêmes.

Les départs, les fins sans possibilité de retour, les renoncements, les sens interdits, les arrêts définitifs.

 

Toutes ces larmes, ce n'est pas de la tristesse, c'est de la conscience. Ce n'est pas de la peine, c'est de la compassion. Ce n'est pas de la détresse, c'est de l'émotion.

 

Les lilas qui bourgeonnent, les pas des Poites dans l’escalier, le fou-rire devant le bol de petits-suisses, les yeux qui frisent, les sourires qui débordent, la vie qu’elle est jolie.

 

Alors au fil des années j’ai mis au point une stratégie. Certains ont des stratégies d’affrontement. Moi, j’ai des stratégies d’évitement (mon côté courageux sans doute). Et tandis que le Homard s’enquille soir après soir des Jours Polaires à la sauce Borgia, je m’éloigne de tout ce qui peut heurter. Finis les films, les écrits, les musiques, les situations violentes, tristes, mélancoliques, bouleversantes, horribles, pathétiques, catastrophiques, perverses, vulgaires, troublantes, dérangeantes, nerveuses, hideuses…

 

Vive le lisse, vive le niais, vive le ravissant.

Mais finie aussi la beauté des émotions quand elles chahutent joliment.

Alors, je fais comment, moi, pour arrêter de pleurer ?

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17 janvier 2017 2 17 /01 /janvier /2017 21:19

J’ai attendu d’être bien sûre. Je n’aime pas les effets d’annonce. Je n’aime pas les erratums. Je préfère les certitudes (mon côté souple). Pourtant depuis le 15 août 2016, l’épée de Damoclès était là, au-dessus de nos têtes. Elle a remis à plus tard certains projets, elle m’a provoqué palpitations, nuits grises (je ne fais plus jamais de nuit totalement blanche, j’ai des enfants, je dois donc dormir un minimum pour la survie de l’espère) et projections sur 25 ans au cours de discussions improbables avec le Homard mais elle a été également l’accélérateur de notre intégration au quartier et un formidable levier d’acquisition de vocabulaire digne des meilleurs urbanistes.

 

Mais aujourd’hui, je crois pouvoir dire que tout ça est derrière nous et que le projet NO PASARAN ne pasaran justement pas. Pourtant, tout le monde s’accordait pour nous donner peu de chance de réussite dans l’affaire. Dans le combat du pot de fer contre le pot de terre (coucou, je suis née au siècle dernier), nul ne pensait que les néo-propriétaires pourraient avoir gain de cause. Et pourtant…je vous le dis en 2017, la solidarité, le collectif, le rassemblement, le combat, les convictions, le travail, l’acharnement, tout ça paye encore. Et saupoudré de chance, évidemment, c’est encore plus efficace.

 

Maintes fois, le Homard et moi avons disséqué les hypothèses en présence. Bien sûr, il a été question de profiter nous aussi de cet engouement pour l'immobilier de banlieue et peut-être qu’on s’en mordra les doigts dans quelques années mais nous avons fait bloc, les coudes conjugaux serrés face aux sirènes de la promotion immobilière. Et au-delà du combat, nous terminions toutes ces discussions par ce qui deviendra notre leitmotiv : "ce sera pas nous les enculés" (oui, on est poétique dans la famille).

 

Il faut croire que l’angle de serrage des coudes fût le bon, parce qu'après 4 mois et demi de bataille riveraine, on a gagné.

 

Et bientôt, très bientôt, refleuriront les lilas.

Et bientôt refleuriront les lilas
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16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 21:23

Par l’intermédiaire de leur copine L., les Poites avaient récupéré hier une plaque de boucle d’oreilles auto-adhésives. Positionnées sur les 4 lobes aux alentours de 18h34, la première perte fût déclarée vers 18h35 sur la petite personne de Poite n°2. Laquelle n’a, vous vous en souvenez sans doute, aucun humour au sujet des disparitions. De boucles d’oreilles ou de toute autre possession d'ailleurs. Et, je ne vous l’apprends pas non plus, son regard suspendu au vide me suspend moi-même au-dessus de précipites fort peu enviables tandis que son désespoir dont je ne peux que supposer qu'il est égal au mien face à pareille situation résonne sur les quatre dimensions de mon cervelet. 

Ainsi, Poite n°2 avait perdu l'équivalent de 0,2 grammes de plastique rose, en forme de coeur ce qui n'arrangeait rien et remplissait pourtant de son malheur l'ensemble des pièces de la maison. Face à ses récurrentes disgrâces, j'ai pour habitude de tenter successivement un peu toutes les approches. Hier soir, j'ai commencé par la compassion et ça n'était pas un gros effort que de lui dire que je comprenais. Je faisais pire, j'avais moi-même perdu la boucle d'oreille. Et puis, j'ai décliné l'ensemble des stratégies maternellement disponibles dans ma panoplie : la diversion, l'encouragement, l'houspillage, la résignation. Et puis, je n'ai pas su rester spectatrice de son malheur, j'ai soulevé tour à tour tous les gros coussins blancs, jaunes et gris du canapé. Puis, j'ai arrêté, ce n'était pas lui rendre service. Mais quand même, sous celui-là, je n'avais pas encore tenté. Et puis, j'aurais plus de chances qu'elle, 39 ans que je m'exerce à ne jamais lâcher. Et essayez avec 1 mètre 05 ou 06 d'obstination sur vos talons, vous verrez ça maintient la pression. 

Et puis, comme si elle avait lu tout Filliozat et tout Dolto en accéléré, Poite n°1 s'est approchée. "Laisse, Maman, a-t-elle démarré, je vais l'aider". Elle a saisi mon téléphone portable en mode torche, s'est agenouillée puis s'est glissée dans l'interstice entre le plancher et le canapé.

Là, encouragée par sa soeur occupant ce poste d'inspecteur des travaux finis dont elle a toujours rêvé, Poite n°1 a courageusement sorti de leur torpeur 3 perles, 2 jouets Kinder et 1 paire de ciseaux mais zéro boucle d'oreilles. 

Remontant alors des abysses flottantes du parquet après sa fouille circonstanciée, Poite n°1 se redressa, chercha des yeux sa soeur et conclut ": bon, on a bien cherché partout, Poite n°2, on va pas le retrouver ton coeur, viens on va jouer à la maîtresse".

Et le pire, c'est que ça a marché.

Comme ça, mais en version hiver...

Comme ça, mais en version hiver...

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15 janvier 2017 7 15 /01 /janvier /2017 21:26

Profitant de la vie sociale des Poites particulièrement développée ce week-end, le Homard et moi étions de retour cet après-midi dans les allées d'une grande surface de bricolage. Rayon salles de bains puisque d'ici quelques jours, retroussant nos manches quelque peu détendues ces derniers mois, nous nous attaqueront à celles des Poites, au premier étage.

En attendant, c'est le meilleur, le retour sur Pinterest où je tape frénétiquement des termes de recherche sophistiqués.

Pourtant, le chantier s'avère complexe car le Homard, moi-même et l'ensemble des témoins ayant été sollicités pour un diagnostic avons été formels, il n'y a rien à sauver dans cette pièce colorisée il y a fort fort longtemps par nos prédécesseurs en vert et bleu. Nous nous apprêtons donc à effectuer une rénovation complète, de la baignoire au miroir, des toilettes à évacuation horizontale (je peux désormais écrire thèse, antithèse, synthèse de l'évacuation horizontale versus sa concurrente verticale) (mais comme tout le monde s'en cogne probablement) (si si, ne niez pas) au carrelage mural.

Et n'allez pas croire que la perspective d'ôter du carrelage, de changer un chiotte et de ragréer un plancher plus que centenaire me réjouisse mais il y a indéniablement dans ces projets immobiliers, de couple, familiaux, d'avenir, d'investissement quelque chose qui me meut (meuh) (roooh ça va, il est tard) et avec lequel, après plusieurs mois appuyés sur pause, j'ai plaisir à renouer.

Rayon salle de bains

Et bientôt, deux petites filles iront se laver dans ce genre d'ambiance (pour le carrelage façon carreaux de ciment, vous avez le droit de penser "béééééé") (ce sera cohérent avec "meuh").

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12 janvier 2017 4 12 /01 /janvier /2017 21:39

Je l'avoue volontiers, faire semblant de boire des cafés goût pipi ou d'être la maîtresse d'Elvire, la fidèle amie imaginaire des Poites n'est pas mon activité préférée. Quand il s'agit de faire semblant, occupation à laquelle les héroïnes de ma vie consacrent pourtant 98% de leur temps éveillé, je rechigne un peu.

Mais heureusement, et - spoiler - nous tenons-là l'un des avantages majeurs d'une naissance simultanée, grâce à la mise au point depuis de nombreuses années de leur petit numéro de duettistes, les belles sont autonomes sur ce point et ne me sollicitent pas souvent. A peine dois-je donc parfois jouer à la cliente peu regardante sur la qualité des mets qu'on lui sert dans la dînette improvisée au fond de la baignoire les jours où je suis suffisamment paix et amour pour leur accorder un bain ("et ze vous mets une assiette de poulet au goût de prout, Madame", suivie de rires gras).

Non, moi l'activité qui me parle c'est plutôt les DIY version 5 ans. D'où les abonnements à des box mensuelles qui nous procurent des dimanches après-midi entiers de silence et de concentration (et de tubes de colle vidés d'une seule pression exclusivement en dehors de la feuille de papier journal préalablement positionnée) (et de créations disons... uniques dont le sort à long terme est à l'origine de grands moments de schizophrénie maternelle "LesJeterOrNotLesJeter)

Mais il faut bien l'avouer, jusqu'à présent, le Homard qui, je ne vais surprendre personne, ne goûte guère ni les enfants invisibles ni la fabrication des boules de Noël en papier de soie, n'avait pas trouvé l'exercice avec lequel il pourrait tout à la fois s'amuser et passer du bon temps avec ses filles.

Désormais, je crois pouvoir dire qu'il a trouvé. Parce que depuis quelques mois, il a enrichit le rituel de ses samedis seul avec les Poites (pour celles du fond, l'achat d'une pièce de viande rouge qu'il leur fait apprécier saignante, exclusivement #blurp) d'une visite à la ludothèque de notre commune. Et non seulement, ils s'amusent sur place des heures durant autour de jeux consistant la plupart du temps, certes, à incarner des lapins attrapant des carottes mais ils ramènent également à la maison l'une ou l'autre de ces boîtes dont nous nous délectons les jours suivants.

C'est alors du temps de nous, le meilleur cadeau que nous nous faisons à nous-mêmes et pendant lequel justement, personne ne fait semblant.

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Concocté par Adelles - dans Crustacé for ever
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11 janvier 2017 3 11 /01 /janvier /2017 22:08

De fil en aiguille, on a finit aujourd'hui toutes les trois devant l'ordinateur à mater Google Photos. On le fait de temps en temps, remonter l'histoire jusqu'en juin 2011 où nous stoppons notre voyage sur les dernières images de mon ventre prêt à exploser. 

Les photos des rentrées, couettes fraîches, sourires dégainés. Les vacances enfin à quatre et je parierais que j'y ai vu nos torses un peu bombés. Les bêtises et si à l'époque on s'était empêché de rigoler, désormais la prescription est dépassée. Les apprentissages et mon inquiétude en filigrane de chaque cliché d'ignorer si les Poites progressaient dans le bon ordre (que ne savais-je à l'époque que cet ordre est une vue de l'esprit). Les premiers pas, à un quart d'heure près. Les premiers déplacements, qui en rampant, qui en fessant. Les premiers rires, parce qu'elles ont vite compris où elles étaient tombées. Le premier bain. Le premier peau à peau et le bon gros coup de vieux. Les premières minutes de vie, indescriptibles, paradoxales, inoubliables.

Il y a les photos et vidéos en forme de marronnier. Celles qu'on a déjà vues, revues, échangées, commentées. Celles qui au fur et à mesure des années ont pris le statut de légende familiale. Et puis, il y a les pépites qu'on redécouvre et qu'on ressort de l'oubli informatique dans lequel elles étaient restées plongées. 

Aujourd'hui, les Poites et moi on a redécouvert les photos du super pouvoir. C'est le Homard, évidement qui d'autre, qui l'avait baptisée ainsi. La sonde rouge qu'elles ont portée au pied durant 3 semaines. La saturation il me semble, mes souvenirs sont un peu censurés. Et on en a rigolé de cette capacité de super-héros parce qu'en ce moment, ça parle aux Poites les surhommes et les surfemmes.

Et moi, pendant qu'elles cherchaient sur leurs pieds les traces de leur puissance passée, je me suis juste dit qu'on revenait de loin, peut-être, mais qu'on en était super bien revenues.

Le super pouvoir
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10 janvier 2017 2 10 /01 /janvier /2017 22:40

J'ai failli intituler ce post "Miraculeusement, personne ne vomit" et à l'heure qu'il est, j'envisage de renouer avec la foi chrétienne de mes ancêtres et d'aller faire brûler un cierge sur l'autel du gel hydroalcoolique. Vous me direz, on n'est plus à un miracle près dans cette famille, certes.

Alors, pour fêter ce non-événement gastrique, faisons un point Poites.

Poite n°2

Fait des puzzles de 100 pièces avec le petit air hautain de celle que l'humilité n'a pas encore atteinte.

Positionne systématiquement le pronom possessif "mon" avant de prononcer le mot "Papa" et trouve que son père est l'être qui bricole le mieux au monde. #Objectivité

Fais des plans complexes de la future organisation de sa (future) chambre.

Me demande chaque soir de lui réciter une formule magique anti-cauchemars.

Commence à déchiffrer quelques mots, même si beaucoup d'entre eux sont décryptés grâce à son seul sens de la déduction.

Dort avec sa valise Princesses à son chevet.

A fini par mettre son sou dans sa tirelire #Alléluia

A appris à jouer à Uno et ne supporte pas de perde à Dobble.

N'a officiellement plus d'amoureux (je veux le même flegme face à telle nouvelle).

 

Poite n°1

A le même problème que sa mère pour se lever le matin.

A élaboré une reprise des Fréro Delavega tout à fait personnelle.

Emprunte un livre à la bibliothèque de l'école le mercredi mais attend le mardi suivant pour le rapporter à la maison et exiger qu'il soit lu avant d'être rendu le lendemain. #CaSentLeVécu

A une tactique d'étalement assez efficace pour dissimuler tout aliment jugé inopportun dans son assiette : un peu à côté, un peu sur la chaise, un peu sous la table, très peu dans la petite fille.

Joue au perroquet en répétant tout ce que je dis un peu, beaucoup, beaucoup trop.

Voue une véritable passion à Madame Recré sur Youtube (et prouve ainsi par là qu'elle est bien la digne héritière de la #TeamEmissionsHonteuses).

Sait boucler sa ceinture seule en voiture.

Accueille depuis la rentrée de janvier sa nouvelle maîtresse du jeudi sans aucun état d'âme apparent.

S'il y a des architectes parmi vous qui veulent bien se coller au décryptage du plan de la chambre de Poite n°2

S'il y a des architectes parmi vous qui veulent bien se coller au décryptage du plan de la chambre de Poite n°2

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9 janvier 2017 1 09 /01 /janvier /2017 19:53

"On va se coucher ?" a tenté timidement le Homard hier soir sur les coups des 23h50.

 

Parenthèse : je ne sais pas si vous avez fait attention mais il y a un réel message d'espoir pour n'importe quel jeune parent dans le fait que le Homard et moi étions tous les 2 éveillés un dimanche soir presque à minuit, au terme pourtant d'un week-end complet passé en compagnie de jeunes enfants. Comme quoi, faut juste être patient, au bout d'un moment, on cesse de s'endormir comme un gros caca un peu partout sur les coups des 19h43.

Fin de parenthèse, je me sens une âme de bienfaitrice dites-donc

 

"Non, je suis énervée" lui ai-je aboyé en retour.

La faute à un SMS reçu 1h30 plus tôt et qui annonçait la gastro pour S., le membre de la famille que j’avais vu tripatouiller l’une et l’autre des Poites autour de la galette quelques heures auparavant (rien de sale dans ce qui précède) (excepté peut-être la façon dont les Poites l’ont mangé, la galette).

 

Une heure et demie après, j’en étais encore à planifier ma journée du lendemain en fonction de l’heure à laquelle l’une ou l’autre de mes filles se décideraient à rendre leur dîner.  Qu'elle est injuste cette répartition du souci dans mon couple parental. Parce que tandis que j’avais déjà établi 4 organisations cohérentes en fonction de l’heure, du lieu et de l’état de l’enfant au moment du déclenchement des hostilités, le Homard, lui, en était resté à "quand même, s’il ne se sentait pas bien S., il aurait pu faire gaffe".

"Il aurait pu faire gaffe, S". Un petit et mignon "Il aurait pu faire gaffe" face à mes plans sur 48 heures. Mais pouvais-je lui demander de tempêter plus fort en sachant que sa journée du lendemain à lui, heureux gagnant du concours  de celui qui n’a pas de jour enfant-malade comme moi mais pas de RTT non plus (pas comme moi donc), ne serait jamais bousculée. Je suppose que non.

 

Que ça m’ait énervée beaucoup et un peu empêchée de dormir aussi, c’est peut-être, certes, un problème très personnel. Toujours cette histoire de plans dont je ne supporte pas qu’ils aient un libre-arbitre et se déroulent autrement que comme j’ai prévu qu’ils se déroulent. Mais si les proportions me sont uniques, le mécanisme lui est universel. Et l’anxiété éternellement dans le camp maternel.

 

Et qui me remboursera le prix de la journée d'aujourd'hui à redouter l’appel qui me dicterait l’heure à laquelle je redeviendrais une mère corvéable ?

 

Parce qu’il est là le gouffre perpétuel de ces 5 dernières années. Devant l’obstacle, imminent ou supposé comme tel, au bord de la falaise, sur le rivage des contre-temps, je me tourne de tous les côtés et le constat est toujours le même. Moi, ma gueule, myself and me, toutes les 4 à l’extrémité de la route parentale, les épaules alourdies des deux âmes supplémentaires des Poites. Seules. Géographiquement, mentalement, logistiquement.

 

La vraie inégalité, elle est cachée dans ce salaire de la peur et de la solitude que le Homard, en tant que père des mêmes enfants que moi, n’aura pas eu à débourser.

 

Celui qui inventera un remède aux imprévus de la mère de famille éperdue, celui-là fera fortune.

 

Edit : en vrai, comment vous gérez ce genre de situations chez vous ? Je ne cherche pas tant à savoir qui d'entre vous se sacrifie, mais comment l'anticipation se répartit. En gros, est-ce que c'est moi qui suis vraiment trop rigide de faire des cauchemars à l'idée faire garde-malade ? (ok, laissez tomber, je connais déjà la réponse)

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8 janvier 2017 7 08 /01 /janvier /2017 22:09
Mon sou

Vous observez ainsi Poite n°2, sourire édenté entre les deux poupons dont elle ne se sépare plus ces derniers jours. Ce sont des jumeaux, évidemment, puisqu'en dehors de l'imitation, il semble n'y avoir point de salut. Elle a l'air sereine et heureuse, n'est-ce pas ? Elle est ainsi 90% de son temps diurne : lumineuse, évidente, éclatante.

Et puis, soudainement elle repasse en mode obscur. Souvent, son père dit d'elle qu'elle ne sait pas faire les choses doucement et qu'elle ne connaît que deux positions : rire fort ou pleurer fort. 

Ce soir, alors que je pensais en avoir fini du dernier coucher du week-end, j'ai entendu son pas précipité au-dessus de ma tête. La porte s'est ouverte et c'était d'autant plus bruyant qu'elle s'est ouverte sur des sanglots déjà profonds.

-"Mon sou" a-t-on hurlé. 

-"Quel sou mon amour joli ?" que j'ai tenté en première approche innocente.

-"Le sou que j'ai trouvé dans ta voiture".

-"Et bien, je ne sais pas, mon oiseau des îles" continuais-je alors que mes épaules attaquaient déjà une descente vers mon cou.

Sans la voir, je lisais presque par contumase le désespoir dans ses prunelles en mode mitraillette.

Je vous épargne la suite de la conversation, il a été question de ce sou, de moins en moins sereinement (et on partait d'un niveau élevé d'angoisse) durant 5 bonnes minutes. Au bout d'un moment d'une enquête haletante menée d'un bout à l'autre de l'escalier, le coquin fût retrouvé dans la poche de la robe, laquelle avait finit sa journée tourbichonnée dans la panière à linge sale.

Ils sont effrayants ces moments de panique que vit Poite n°2, parce qu'ils trouvent un écho démesuré en moi, évidement. Mais comme la projection, c'est le mal, je lutte pour ne pas prendre ma lampe de poche et retourner toute cette maison à la recherche de sa pièce cuivrée de 2 centimes (qui accessoirement était à moi). Je sais qu'à 5 ans et demi, l'oubli, la perte, la frustration font partie de l'indispensable apprentissage.

Ainsi donc, après 5 minutes, j'ai cru m'en être sortie. Et puis non, parce que le sou n'était que le symptôme d'autre chose de bien plus grand.

Alors, retour des pas énervés sur le palier.

"Mon sou" a-t-on hurlé.

"Quoi ton sou mon bichon argenté ?" en réponse douce mais néanmoins proportionnellement contrariée.

"Maintenant que je l'ai retrouvé, je le mets où ?".

Alors, puisqu'ici je peux écrire ce que les oreilles chastes ne peuvent pas ouïr, à vous je peux le confier. La bonne réponse, c'était "DTC ma chérie".

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35 ans tous les deux, ensemble depuis 2005.

En 2009, on a essayé.

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En 2011, contre tout avis médical, on a procréé.

Depuis, nous sommes passés de 2 à 4.

En une seule fois.

 

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