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Jeudi 16 mai 2013 4 16 /05 /Mai /2013 20:00

Je n'ai jamais lu aucun livre sur la parentalité, sur la maternité, sur la gémellité, sur l'éducation ou tout autre sujet connexe au fait de faire grandir des enfants chez soi.

 

Si, rectification, j'ai lu un seul et unique livre : "Un sommeil paisible et sans pleurs" d'Elizabeth Pantler (comme c'est étrange cette thématique...) que j'ai davantage parcouru que réellement lu, tellement il enfonçait des portes qui me semblaient déjà ouvertes (je sais que cet ouvrage est parfois considéré comme une Bible mais je n'y ai rien appris, ni rien découvert que je n'avais testé par moi-même).  

 

Si je ne lis rien, c'est parce qu'étant une fille angoissée, influençable et cultivant de manière générale une estime de moi-même atrofiée, la lecture d'ouvrages de soit-disant spécialistes de la petite enfance me stresse, m'angoisse ou au mieux me plonge dans des affres de perplexité. Lequels affres ont tôt fait de me convaincre de l'échec évident que sera l'éducation Poitesque quelque soit l'orientation que je lui donnerai.

 

Si je ne lis rien, si je me suis promis de ne rien lire c'est aussi parce que malgré une expérience parentale encore récente, j'ai compris depuis longtemps qu'il y a autant de méthodes d'éducation que de pédiatres, gourous ou de pédo-psychiatres. Voire même autant de méthodes d'éducation que d'enfants.

 

Résumé de manière sybilline (puaise, sybillin, ça biche pour un vendredi), on pourrait dire que j'essaie de me faire confiance et de chercher par moi-même un chemin qui ne peut être qu'unique parce que partagé par elle, par elle et par moi.

 

Mais chassez le naturel, il revient par la fenêtre (mon blog, mes nimportequoi de proverbes), parfois je doute.

 

Mon dernier doute en date concerne la construction de l'identité de mes filles.

Le mécanisme par lequel elles prennent conscience qu'elles sont uniques et particulières et cette capacité qu'elles acquièrent ou acquiéront à se positionner en tant qu'individu autonome vis à vis de leur meilleure colocataire.

 

Parce que depuis le début, les indices prouvant que cette autonomie est difficile à acquérir s'accumulent.

Passe encore qu'il soit devenu impossible de coucher l'une sans l'autre.

Passe encore que l'une prenne un malin plaisir à diriger d'une main de fer le petit duo (je vous laisse deviner laquelle, hein) (oulàlà, c'est pas facile facile).

Passe encore qu'il soit difficile de leur faire admettre qu'elles peuvent exercer deux activités différentes au même moment.

Là où je commence à prendre peur, c'est quand je les entends s'appeler en employant un seul et même prénom.

Ici, il y a pourtant bien deux enfants. Deux enfants qui semblent se nommer Poite n°1 (enfin, son vrai prénom mais vous êtes intelligentes, vous aviez compris).

 

Dire qu'on s'est pris la tête avec le Homard sur la table d'accouchement parce qu'on n'était pas raccord sur l'orthographe du prénom de Poite n°2. Une belle perte de temps...

Par Adelles - Publié dans : Les enfants sont formidables - Communauté : Si toi aussi tu es une mauvaise mère
Pour les blablas, c'est là - Voir les 9 blablas
Mercredi 15 mai 2013 3 15 /05 /Mai /2013 20:00

On va pas y aller par 4 chemins, à notre retour de vacances, outre le devis exhorbitant sonnant le glas d'une voiture achetée il y a à peine 2 ans, fruit d'un laborieux et original casting du véhicule possédant la double compétence d'être citadin et de tolérer l'herbergement d'une poussette double, une lettre à blason nous attendait dans la boîte aux lettres.

Une lettre de notre mairie, signée de la main même de Mme Dusaulepleureur (il semble que je possède un vrai talent pour la dissimulation d'identité), mon interlocutrice au Pôle Petite Enfance de notre ville.    

 

Celle-là même que j'ai eu l'honneur et l'avantage d'avoir au téléphone selon une fréquence bi-trimestrielle depuis le 29 novembre 2010, date à laquelle j'ai créé une croix bleue par le simple pouvoir de mon urine.  

Celle-là même qui, outre de soupirer fortement dans mon oreille avec un ton parfaitement condescendant, me répond invariablement avec les deux phrases clés suivantes :

- "Ah oui, mais vous savez les jumeaux, c'est compliqué." 

Première réplique aussitôt suivie de l'inoubliable :

- "Parce que les jumeaux, on essaie de ne pas les mettre dans deux structures différentes."

 

J'imagine qu'à ce stade de nos conversations récurrentes, elle espère secrètement que je la remercie de ne pas devoir courir dans un futur proche en deux lieux de ma ville chaque soir de la semaine pour récupérer mes Poites, enfants ayant eu manifestement la très mauvaise idée de naître à 4 minutes d'intervalle.

 

Cependant, la dernière fois que j'avais eu Mme Dusaulepleureur au téléphone, après l'inévitable et traditionnel échange sur la difficulté d'accorder deux places à deux enfants d'une même famille, elle m'avait soufflé que notre demande de réinscription dès le 7 janvier nous donnait de grandes chances pour un accueil en jardin d'enfants.

J'appris donc par la même occasion que les places en structures d'accueil étaient attribuées par ordre d'arrivée des demandes parentales.

D'un naturel naive mais parfaitement lucide sur ma tendance à habiter à l'année avec Oui-Oui et les Bisounours, j'avoue que l'information m'a laissé quelque peu dubitaplexe (c'est un mot Homardien, mélange de dubitatif et perplexe) (personnellement, j'aime le Homard exactement pour ce genre d'inventions lexicales) (je sais, c'est hors sujet mais c'est MON blog).

 

Je n'avais pas manqué de communiquer l'optimiste nouvelle au Homard qui s'était bien entendu réjoui, oubliant certainement par là qu'aussitôt déposées en jardin d'enfants, les dites Poites nécessiteraient qu'il consacre la moitié de ses jours de RTT à guérir des maladies atypiques qu'elles n'auraient pas manqué d'y attraper.

Bref, le Homard était satisfait et selon un automatisme qui ne se dément pas depuis le 10 otobre 2005, sa satisfaction fût contagieuse (un jour, j'aurais un libre-arbitre, c'est promis) (peut-être pas dans cette vie, en revanche).

 

Quelle ne fût pas ma surprise, donc, quand ouvrant la fameuse lettre à blason, judicieusement postée durant une semaine comportant deux jours ouvrés seulement (l'employée municipale aurait-elle eu à coeur de demeurer tranquille quelques jours avant que l'intégralité des victimes de la politique petite enfance appliquée par ses employeurs ne décrochent leurs téléphones ?), le Homard y découvrit un NON ferme et définitif.

Refus magnifiquement mieux rédigé que je ne viens de le faire, comme si la complexité syntaxique devait être proportionnelle à l'énormité de l'information transmise.

 

Mme Dusaulepleureur était désolée mais il lui était malheureusement impossible de satisfaire à notre demande, le nombre de demandes étant supérieur au nombre de places disponibles (heureusement qu'ils se justifient parce qu'on n'était pas loin de penser qu'ils décidaient à la tête du client).

 

Alors oui, je l'ai suffisamment écrit ici, j'aime notre Mary Poppins d'un amour inconditionnel.

Ces 18 mois en sa compagnie sont plaisants, confortables, luxueux. Pour moi peut-être encore plus que pour les Poites.

Mais à 26 mois début septembre, les Poites seront prêtes à se confronter à la vraie vie. A partager leur salive avec d'autres, à balader leurs couches sales devant d'autres puéricultrices et à s'immuniser contre des centaines de souches de virus différentes avant la maternelle.

 

Ces 18 mois leur ont permis de passer le cap de ma reprise de travail dans des conditions optimum, d'être choyées, câlinées et douillétisées (ça va, y'a pas que le Homard qui peut inventer des mots) à longueur de journées à un âge où il n'y a finalement que ça qui compte.

Mais ma conviction profonde, c'est qu'à être gardées dans nos 60 mètres carrés 365 jours par an, les Poites commencent à sentir le renfermé (la première qui dit que je projette devra justifier de sa surface habitable).

 

Et même si je suis consciente de toutes les emmerdes que cette mise en collectivité ne va pas manquer de provoquer, au premier rang desquelles les lapins que le Homard et moi poserons immanquablement à nos employeurs respectifs, je sais au plus profond de moi-même que mes filles s'y épanouiront.

 

Que Mme Dusaulpleureur s'attende donc à être très prochainement harcelée par une mère soudainement retombée de son nuage arc-en-ciel.

 

Et peut-être que quand elles auront fait leurs les moeurs de la vie en compagnie d'autres âmes de moins de 36 mois, les Poites distribueront un peu moins de vents chaque mercredi matin lors de notre moment musical de complicité mère-Poites.

Par Adelles - Publié dans : La maternité et moi - Communauté : Si toi aussi tu es une mauvaise mère
Pour les blablas, c'est là - Voir les 12 blablas
Mardi 14 mai 2013 2 14 /05 /Mai /2013 20:00

J'avais pas tort finalement dimanche soir de craindre les vissicitudes de la rentrée. Vissicitudes il y a eu. Pas agréables, violentes et au confin de l'injustice.

L'entreprise et sa soit-disant cathasis extraordinairement puissante ont eu raison de moi. Victoire par KO ou presque.

 

Mais ne gâchons pas notre plaisir, si le travail est si peu présent dans ces pages, ce n'est pas pour rien. Au moins, il me reste ce territoire vierge de démagogie.

 

En attendant, à l'heure qu'il est, le Homard cherche frénétiquement un nouvel emploi à la droite de notre canapé. En alternance avec la consultation tout aussi frénétique des annonces immobilières dans le 92.

Oui, vous lisez bien, le 92. Les Hauts-de-Seine.

 

Vi vi vi.

 

Et Bordeaux ? Bordeaux ne répond pas Mesdames.

Bientôt 7 mois qu'il postule, qu'il motive, qu'il rencontre et au final un grand rien girondin. Silence radio sur les rives de la Garonne.

 

Alors, ce soir, le Homard est rentré (fort tard), a déposé ses chaussures en beuglant son traditionnel "ils me font tous ch.." (j'épargne les yeux sensibles - on s'est comprises) mais il ne s'est pas arrêté là. 

 

Plus tard, allongés sur notre lit, envahis de Poites ravies de ce nouveau trempoline (et de cette permission de 20h30), le Homard et moi avons eu, une énième fois, cette discussion sur notre avenir.

 

La même en plus urgente, la même en plus opprimante.

 

Elle est grande la responsabilité de choisir une destinée pour trois autres âmes que la sienne.

C'est plus doux bien sûr, mais nettement plus vertigineux aussi.

 

J'ai confiance en nous, j'ai confiance en Lui. On trouvera. Plus ou moins temporairement. Plus ou moins plaisamment. Mais on trouvera.

 

Pour le moment, le dos s'arrondit pour laisser passer les contraintes et on passe sous la vague en essayant de ne pas boire la tasse.

 

Il existe notre petit paradis, bien planqué quelque part, non ?

Par Adelles - Publié dans : Pêle Mêle des Angoisses - Communauté : Si toi aussi tu es une mauvaise mère
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Lundi 13 mai 2013 1 13 /05 /Mai /2013 06:00
Parce qu'on est dimanche soir.
Parce que demain m'attendent tout un tas de vicissitudes contrariantes sur cette gigantesque et tellement ridicule scène de théâtre qu'est l'entreprise - modèle occidental.
Parce qu'on est bien rentrés de notre périple alsacien. Mais revenus dans nos 60 mètres carrés parisiens.
Parce que je reprends l'habitude de marcher sur une Poite à chaque embrasure de porte.
Parce qu'on a retrouvé Quicke et Flucke, les camions rouges, qui n'ont pas eu la bonne idée de faire un régime anti-encombrement pendant notre absence.
Parce qu'hier sur l'autoroute, mes pensées ont volé vers elle, encore plus qu'à l'accoutumée.
Parce que tout ça. Parce que bien sûr, il y a plus grave. Mais que quand même, ça fait ch...
 
Alors, voici au moins ce qui va bien.
 
Le Homard qui loin de ses préoccupations professionnelles, loin de ses horaires de galinacé le matin et de hibou le soir est redevenu cet être agréable à vivre. Ainsi que drôle. Furieusement drôle. Et auteur de phrases qui justifient à elles seules de l'accompagner contre vents et marées depuis plus de 7 ans.
 
Poite n°2 qui dévore ses repas, en priorité s'ils sont composés de steak et de pâtes. Ou de knackis et de nouilles. Eventuellement d'entrecôte-frites (bref, vous avez compris). Le tout en totale autonomie et avec morceaux inside.
On parle pas de n°1, hein, je préfère jetter un voile pudique.
 
Poite n°1 donc, toujours fidèle à elle-même au point de vue sommeil. Et qui s'enfile les nuits de 12 heures par nez bouché, toux récalcitrante ou vomissement intempestif.
En fait, les enfants, je les fabrique soit bonne mangeuse soit bonne dormeuse. Je sais pas faire les deux en même temps, c'est balot, hein ? 
 
Tant qu'on est sur le sujet du sommeil, Poite n°2 qui nous a fait passer de bonnes nuits alsaciennes par un miracle que je ne m'explique toujours pas (ou alors, c'était les choupi petits coeurs percés dans les volets en bois ?).
 
Avoir un toit, un travail, être entourés et aimés. Alors, c'est vrai, on ne les a pas les 6 000 euros pour Titine, mais c'est pas grave.
 
Avoir vu des cigognes en pays d'Alsace. C'est un peu idiot mais ça m'a comme réconcilée avec elles. C'est joli comme animal en fait la cigogne. 
 
Mes essais capillaires Poitesque de la semaine. Une couette, deux couettes ou multi-couettes, ça ne ressemble pas à grand-chose la plupart du temps, mais le résultat est souvent assez drôle.
 
Plume qui est enceinte. Qui ainsi me rejoint dans le train. Et avec qui mes conversations matinales tramwesques vont nettement changer d'aiguillage.
 
Beau malheur, dernière chanson en date d'Emmanuel Moire. Même si j'ignore si Emmanuel Moire est un chanteur politiquement correct en fait (je dis ça parce que j'aime aussi le premier single de Robin des Bois par M. Pokora) (je sais je sais, mais j'ai honte vous savez, croyez pas que ce soit facile de vous avouer ça). Bref, correct ou pas je remarque juste que, dernièrement, tout ce que fait ce garçon m'est d'or.
  
Les Poites de nouveau réconcilées avec les manèges après quelques semaines de fâcherie. Pas téméraires ces Poites ; c'est pas comme si leur mère refusait de poser le pied dans autre chose qu'un carroussel en même temps.
 
Recevoir très bientôt des sous de la part des impôts. Pas de quoi réparer Titine, mais quand même...
 
Me souvenir qu'il y a 2 ans, je serrais les fesses  (et le col) à l'approche du Festival de Cannes.
Ne pas accoucher avant le mariage de Kate & William.
Ne pas accoucher avant le Festival de Cannes.
Ne pas accoucher avant la fête des mères.
Ne pas accoucher avant la fête des pères.
Ne pas accoucher avant le mariage de Charlène & Albert - Faiiiiiiiiiil.
Et me dire 2 ans après que c'est vrai, j'ai échoué, mais que c'est pas si grave. Et que quand même, j'ai assuré. 
 
Avoir enfin dompté Twitter. Enfin, je crois. Je suis encore en phase d'apprentissage mais je suis une élève assidue (déjà 280 tweets à mon actif, c'est énoooooorme). Si le coeur vous en dit, rejoignez-moi, mon @ c'est @mieuxattendre (je sais, l'originalité toussa toussa) ou ici.
Par Adelles - Publié dans : Petit Medley Acidulé - Communauté : Si toi aussi tu es une mauvaise mère
Pour les blablas, c'est là - Voir les 5 blablas
Vendredi 10 mai 2013 5 10 /05 /Mai /2013 06:00

Une semaine déjà ou presque.

Demain, nous reprendrons la route de l'Alsace vers Paris.

Une semaine un tout petit peu hors du temps. Mais pas totalement, contingences poitesques obligent. 

Mais tout de même, j'entends les informations à la radio et je m'en sens incroyablement étrangère, comme si ce coin de France m'avait protégé de l'emprise de toute chronologie.

 

Il y a eu de belles nuits durant ce séjour alsacien et le sommeil, devenu au fil des mois mon baromètre personnel, devrait teinter d'une jolie couleur les souvenirs construits ici. 

 

J'y ai eu aussi la confirmation que quand le Homard demeure loin de toutes obligations professionnelles, il redevient cet être drôle, attachant et si maladroit que j'aime tant.

J'avais un peu tendance à l'oublier ces derniers temps, perdus que nous sommes dans l'exigence de notre quotidien.

 

Rien de tel que l'ailleurs pour apprécier ce que nous possédons. Et ce que nous sommes, les uns avec les autres.  

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Par Adelles - Publié dans : Pêle Mêle des Angoisses - Communauté : Si toi aussi tu es une mauvaise mère
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35 ans tous les deux, ensemble depuis 2005.

En 2009, on a essayé.

En 2010, on a galéré.

En 2011, contre tout avis médical, on a procréé.

Depuis, nous sommes passés de 2 à 4.

En une seule fois.

 

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