28 mars 2017 2 28 /03 /mars /2017 20:01

Là, telle que vous ne me voyez pas, je prends sur moi. J’essaie de leur laisser la liberté de fonder à deux cette relation unique qui est la leur. En guidant sans interférer. Elles n’ont pas besoin de moi pour écrire le mode d’emploi de leur sororité (ça va, j’ai droit, ça faisait longtemps), elles étaient deux bien avant que je ne puisse les dénombrer moi-même.

 

Et puis parfois, c’est dur. Principalement à cause de cette maudite projection puisque moi aussi, j’ai une sœur et rien d’autre.  Alors, il faut que je me persuade que les consentements de Poite n°1 sont des approbations, bien avant que d’être des contraintes. Et qu’elle choisit en toute conscience la conciliation comme un acte assumé destiné à lui préserver de l’espace de cerveau disponible pour d’autres combats.

 

Mais rajoutez à ce mécanisme, l’immense capacité de Poite n°2 à anticiper et vous obtenez quelques moments de concessions caricaturales pour quiconque porterait un regard neuf sur ces deux enfants.

 

Mise en situation (oui, parce que je sens que j’en perds certaines) : pour leur soirée pyjama de dans 3 mois (anticipation de qui vous savez), puisque les deux Poites ne pourront pas dormir dans la chambre de L., leur hôte d’un soir, devinez qui a accepté de dormir en tête à tête avec la grande sœur de L. ?

 

Mise en situation 2 (il faut fatiguer le doute par la force de l’exemple) : hier soir, à la sortie du centre de loisirs, le collant blanc (ce bout de phrase contient une énorme erreur maternelle) de Poite n°2 était maculé de tâches de peinture noire (ce bout de phrase contient une énorme erreur professorale). "Ah oui", m’a fait l’intéressée, pas plus désolée que ça, "c’est parce que je me suis assise sur le banc et j’avais pas vu qu’il y avait de la couleur. Mais, j’ai de la chance (hum hum hum) parce que Poite n°1, elle est d’accord pour me prêter le sien d’aujourd’hui (même modèle, sans les tâches) pour demain."

 

Alors, qu'en fait, évidemment, pour les comprendre vraiment, il faut savoir regarder derrière les apparences. Et envisager que la faiblesse, la vraie, peut être plutôt dans le camp de Poite n°2, bien planquée avec son incapacité à céder.

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27 mars 2017 1 27 /03 /mars /2017 19:48

A quel moment, le phénomène bascule ? A quel moment, vos week-ends sont davantage cadencés par l'emploi du temps de vos enfants que par vos propres centres d'intérêt ? En tous cas, ce week-end, la balance était clairement dans le camp des Poites, trimbalées en deux fois auprès de camarades actuelles ou passées à travers les Hauts-de-Seine. Deux "tu restes pour le café ?" des parents des dites copines plus tard, ma vie sociale avait durablement pris une couleur rose à paillettes (même si récemment, c'est le vert qu'on préfère dans le clan des moins de 6 ans).

 

Et c’est drôle parce que tout comme il n’y a pas 2 enfants identiques, il semble qu’il n’y ait pas 2 parents dotés du même mode d’emploi. Sous mes yeux en ces deux circonstances, c’était le grand écart de la parentalité.

Et les "qu’est-ce qu’elles sont sages les Poites !" dont on se débarrasse comme d’un papier collant avec un "c’est parce qu’elles ne jouent pas à domicile". Elle paraît toujours plus jolie la parentalité des autres quand on la voit par tranches de 2 heures.

 

Ainsi, la vie sociale des Poites s’accélère. Quand la troisième invitation de la semaine est tombée sur mon téléphone, le Homard a haussé les épaules, l’air blasé et l’œil frisé en mode "que veux-tu, elles sont demandées…".

 

Je me revoie encore vous écrire il y a deux ans mes affres de doutes en ce qui concerne la sociabilité de ces enfants, plutôt discrètes et parfois effarouchées. Que ne savais-je alors que durant les quelques années qui suivraient, la prime irait aux intimidées plutôt qu’aux débonnaires.  

 

Edit : j'en profite pour vous dire que dans les jours qui arrivent, il y aura ici un certain nombre de changements. Alors, pas de panique, la semaine sera peut-être un peu en dents de scie mais il y a une bonne raison à ça...

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23 mars 2017 4 23 /03 /mars /2017 21:21

Bien, alors je préviens, certaines d’entre vous vont peut-être grincer des dents en lisant ce qui suit.  Pour celles qui ne craignent pas la roulette, vous pouvez continuer.

 

Les Poites ont 5 grands-parents. Dont 3 pour lesquels elles sont les seules petits enfants. Tous ces grands-parents étant géographiquement localisés à plus de 600 kilomètres de leur descendance (il y a une raison objective et factuelle à cet éloignement mais apparemment ce ne serait pas le débat du jour) (quoi que). Au quotidien, ces 5 grands-parents ne sont pas présents. Pas de sortie d’école, pas de taxis du mercredi, pas de "allô Mamie, les Poites sont malades, t’avais quoi de prévu aujourd’hui ?". Ne leur restent que les vacances pour combler ce qui ressemble en surface et si j’en crois mon seul point de vue à un manque affectif s’apparentant à une immense abyme.

 

Ainsi, depuis qu’elles ont 3 ans, âge butoir à partir duquel ma mère se déclare compétente pour gérer des enfants (issus de sa lignée ou non), les Poites ont été trimballées dans l’ensemble du quart sud-ouest de la France au gré du calendrier scolaire.

 

Si au début, j’étais parfaitement partagée entre joie extrême et désespoir profond, le curseur du bonheur se déplace ces derniers mois vers un certain malaise de les laisser partir aussi régulièrement.

Parce que si en 2014, je laissais partir avec les Poites la fatigue, l’épuisement, le soin quotidien, la maternité désincarnée que l’on connaît toutes de temps à autres, les difficultés et l’angoisse d’être en permanence la seule personne référente, je laisse aujourd’hui s’éloigner de moi la drôlerie, la légèreté, la facilité, la joie de vivre, la complicité et la maternité pleine et assumée.

 

Alors, je vous vois venir, j’ai-de-la-chance-et-les-Poites-ont-de-la-chance-aussi-ce-sont-des-moments-irremplaçables-elles-construisent-des-relations-solides-et-durables-avec-leurs-papis-mamies-c’est-formidable-de-grandir-aussi-bien-entourées-et-qu’est-ce-qu’elles-doivent-kiffer-d’avoir-ce-temps-de-vacances-avec-eux (et accessoirement, j'économise 40 euros de centre de loisirs chaque jour).

 

Oui, évidemment. Ça c’est la version rationnelle et réconfortante de l’histoire. Mais si la vie était rationalité et réconfort, ça ferait belle lurette que j’aurais arrêté de m’épancher ici. La vérité, c’est que ces vacances, leur répétition, leur systématisation, leur organisation parfois une année à l’avance (merci le LGV) cristallisent, sclérosent et tyranisent de plus en plus mes relations avec ces 5 adultes (au premier rang desquels... devinez qui).

 

Alors, on va éviter de faire ici ma psychanalyse de comptoir, je sais presque parfaitement quels mécanismes sont en jeu. Parce qu’évidemment et Koa l’aura compris avant tout le monde, il se noue bien des choses peu glorieuses derrière cette garde alternée des Poites. La perte de contrôle, la recherche de légitimité, la rancoeur, la culpabilité, tout se mélange dans un joyeux dépotoir des sentiments humains.

 

Et on va dire qu'en ce moment, j'ai un peu de mal avec le tri sélectif.

 

Edit : je vous dois beaucoup d'excuses pour le titre

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22 mars 2017 3 22 /03 /mars /2017 21:39

Ce qu'il faudra retenir, à l'heure du bilan de la maternité de ces deux-là, ce sera leur folie douce. Je suis comme au théâtre de les observer, de les écouter partir si loin à bord de leurs "et on dirait que". Et j'espère que plus tard, quand elles auront perdu un peu de leur fraîcheur, elles auront le réflexe d'aller puiser dans cette réserve des scénarios loufoques dont elles ponctuent leurs journées.

Poite n°1 : 

A rempli des grilles de sudoku en écrivant tous les chiffres à l'envers.

A mangé du poulet avec du poisson pané hier à la cantine.

Voue une passion violente et récente pour le tarama.

Chante ses répliques, comme dans les comédies musicales.

Ne voudra jamais (jamais) me quitter quand elle sera grande.

Sait allumer l'ordinateur, ouvrir Skype et appeler sa grand-mère sans mon aide.

A oublié successivement au centre de loisirs ce soir : son manteau, son sac de bibliothèque, son gilet puis son cahier de liaison.

 

Poite n°2 : 

S'est mis en tête d'apprendre l'art de la galipette à L. sa super copine.

Sait se faire une queue de cheval seule, option épis.

Elabore plein de plans de soirées pyjamas avec ses copines. Et est extrêmement déçue de ne jamais les vivre pour de vrai.

Ne voudra jamais (jamais) jeter son doudou.

Dévale les escaliers en m'ôtant 1 battement de coeur à chaque marche.

N'a soit-disant plus peur de rester seule au jardin. Soit-disant.

Voue une passion violente et récente pour les lentilles.

 

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21 mars 2017 2 21 /03 /mars /2017 20:54

"Toi ? Attends, regarde-moi... T'as 2 enfants, c'est ça ? Attends, je réfléchis... Ben je dirais 30 ans. Ah non, c'est pas ça ? Moins alors ?"

Pourtant j'aurais juré qu'à la veille de mes 40 ans, je prendrais enfin l'incompétence des gens à m'attribuer mon âge réel comme un avantage. Alors qu'en fait, non. Comme si la part d'ingénuité contenue entre les traits de mon visage me conférait une fragilité et une innocence obligeant mes interlocuteurs à une certaine délicatesse forcée (c'est le moment "j'ai une excuse, j'ai fait une thérapie", je le sens). Ainsi, je me retrouve toujours un peu encombrée de ces 5, 8, 12 ans qu'on oublie de me reconnaître, ne sachant où les afficher pour qu'ils soient enfin légitimés. Des années que je refuse d'avoir vécues dans une totale transparence.

Alors, c'est vrai, j'ai le cul bordé de nouilles de la vie avec ses pépins ni trop gros, ni trop petits (des pépins moyens) (vous l'avez ?) et toutes les embûches déglinguantes qui oublient un peu de me tomber dessus. J'ai la tête des lunettes avec lesquelles je regarde la vie, rayon Bisounours, version My Little Pony. Faut croire que ça conserve.

Pourtant, j'ai presque 40 ans, 2 enfants sorties du bas âge, des sourcils blancs et un prêt immobilier qui court encore sur 21 ans. J'écoute Depeche Mode parce que ça me rappelle réellement ma jeunesse et jusqu'à hier, j'ignorais l'existence du DAB ("t'avoueras", m'a dit le Homard, "tu ne regardes pas Dragon Ball Z, tu n'écoutes pas de rap et tu refuses de suivre le foot avec moi, tu ne mets aucune chance de ton côté").

Alors, pourquoi ils ne voient rien, ces gens qui s'amusent sur moi aux devinettes de la physionomie ? Et puis, accessoirement j'aimerais bien arrêter de me trouver gênée de les avoir abusés. A croire que je vieillis pas et que ce sont exclusivement les autres qui rajeunissent.

N'allez pas croire que je suis particulièrement enjouée de bientôt rajouter une décennie à mon compteur personnel, aucun attrait irrésistible pour ce chiffre rond mais voilà, suspendues à ce 40, il y a aussi la sérénité et la justesse d'une existence qui se trompe beaucoup moins. 

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20 mars 2017 1 20 /03 /mars /2017 21:38
Avant/Après : la salle de bains des Poites

9 semaines, c'est le temps qu'il nous aura fallu, au Homard et à moi-même, pour venir à bout d'une salle de bains qui pourtant aux dernières prises de dimensions, ne mesure que 2,88 mètres carrés. Ce qui nous amène exactement à la vitesse de 3,125 semaines par mètre carré rénové. Score qui, ne nous leurrons pas, nous place assez haut dans le classement des pires ouvriers du bâtiment.

Mais enfin, ne boudons pas notre plaisir, puisqu'au bout de ces 9 semaines de labeur, non seulement nous sommes toujours un couple soudé mais en complément nous avons obtenu la validation des principales intéressées.

Petit rappel des épisodes précédents, nous partions de là.

Avant/Après : la salle de bains des Poites

Non, mais voilà, je crois que c'était important de vous remontrer cette beauté conçue par des gens qui, pour certainement pour l'honorer, l'avaient choisi aussi pour servir de coffre fort. Vert olive et bleu, donc. A une époque, ça a dû être joli, j'imagine. Ou alors uniquement dans leur esprit.

Alors, vous interrogez-vous, comment nous y sommes-nous pris pour rendre à cet espace toute sa modernité (si si, on dirait que vous vous interrogiez) ? Hé ben, pas de secret, nous avons tout cassé (désolée, je n'arrive pas à expliquer sérieusement des choses pas sérieuses). 

Adieu donc, veaux, vaches et baignoire en fonte qui fit le bonheur d'un ferrailleur au soir des encombrants.

Et désormais, voilà dans quoi les Poites trempent leur admirables derrières.

Avant/Après : la salle de bains des Poites

Si vous le voulez bien, soupirons de soulagement à la vision d'une telle absence de couleurs.

Avant/Après : la salle de bains des Poites

Et maintenant, c'est la séquence remerciements.

Merci aux Poites pour tous les aller-retours au rayon bricolage, subis avec un enthousiasme constant.

Merci au Homard pour les 24 heures consacrées au calage de la baignoire.

Merci à Poite n°2 pour l'après-midi carrelage.

Merci à Poite n°1 pour la fixation de la colonne de douche.

Merci à G. pour le tablier de baignoire universel (elle se reconnaîtra).

Merci au monsieur du rayon plomberie pour le raccordement mâle-mâle (private joke).

Et merci à nos employeurs respectifs pour les chèques cadeaux de Noël dernier, permettant d'offrir aux Poites leur plus joli cadeau à ce jour : un très chouette mitigeur thermostatique.

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Concocté par Adelles - dans Ça déménage
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19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 18:16

Vendredi, le deal était clair, je ne pouvais pas récupérer les Poites à l'issue de ce grand moment de supercherie éducative que nos municipalités nomment les Nouvelles Activités Pédagogiques (du moins en maternelle, j'ai espoir que ça s'améliore l'année prochaine).

Démonstration

- Qu'est-ce que tu as fais Poite n°2 aux NAP aujourd'hui ?

- Ben j'ai joué dans la cour comme d'habitude !

Fin de la démonstration

Ainsi, le Homard était briefé, il devait se débrouiller pour respecter le créneau des 10 minutes réglementaires durant lesquelles les Poites sont accessibles le vendredi soir. Avant 17h45, elles ont cour d'école, après 17h55, elles ont commissariat.

Et voyez-vous, j'avais de la chance, il m'avait dit qu'il pourrait être au rendez-vous. A 95%, il était sûr (qu'est-ce que je les aime ces 5% manquants auxquels mes enfants sont suspendues) (NON). Vers 13h30, je fais tout de même un dernier rappel aux troupes par SMS (mère indisponible craint le crustacé froid) avec un subtil "c'est toujours OK pour les filles ?" auquel il me répond "j'atterris à 16h30, ça devrait le faire" (ce "devrait" = mumh).

Voilà, j'avais la foi, de toutes façons il le fallait, je ne pouvais pas y aller moi-même.

A 16h30, je reçois le "bien atterri !" qui me rapproche nettement des 100% de réussite de l'opération.

Et juste 10 minutes après, nouveau message "j'ai perdu ma caisse".

Bizarrement, je ne m'affole pas, le Homard est coutumier du fait. Car, et vous m'arrêtez si je vous ai déjà révélé l'imposture, il se trouve qu'il appartient au cercle très restreint des hommes totalement dénués d'un quelconque sens de l'orientation. C'est pourquoi il a dans son téléphone portable une assez surprenante collection de photos de places de parkings. Des parkings d'aéroports, des parkings de gares, des parkings de zones industrielles, des parkings de centres commerciaux. Ca, en alternance avec des photos de détails des installations industrielles qu'il visite (alors que moi, sur mon téléphone, bêtement j'ai des photos de mes enfants).

Sauf que dans la foulée, nouveau message : "et évidement, j'avais pas pris de photo".

Voilà, 16h42 ou 43 en ce vendredi de NAP, c'est l'heure où je panique réellement. 

Alors oui, elles ont fini par être rapatriées dans les temps les Poites, parce qu'heureusement la mère de famille paniquée est créative. Mais leur Homard de père, lui, après avoir arpenté ses longues allées, n'a retrouvé la voiture familiale sur le parking P0 d'Orly que sur les coups des 19h40.

Et s'est beaucoup plaint durant les 2 jours suivants de quelques malheureuses ampoules aux pieds.

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Concocté par Adelles - dans Crustacé for ever
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16 mars 2017 4 16 /03 /mars /2017 20:59

Je ne vous fais pas de blabla, j'en suis à mon troisième jour de mère célibataire sur quatre prévus, les Poites sont persuadées que leur copain Matthew et toute sa famille sont des vampires et je viens d'étendre une lessive dans laquelle une feuille de sopalin a mouru en laissant de chouettes confettis blancs partout dans mon salon (#FemmeLibérée). 

Je tweete, tu tweetes, il/elle tweete #40
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15 mars 2017 3 15 /03 /mars /2017 21:12

S’il est un concept qui semble avoir été inventé pour moi, c’est bien la gêne. Que sur les réseaux sociaux, on aura tôt fait de rebaptiser la "gênance" (ceci n’est pas un nouveau mot pour étoffer votre vocabulaire).

C’est très subjectif la gêne évidemment mais pour le top 5 des moments de gêne de ma vie qui suit, veuillez noter que j’ai tenté de les classer par ordre croissant.

 

Gênance #1 : les toilettes

(Ou comment être coincée au stade anal depuis 39 ans).

Oui, éliminons ce thème dès le début parce qu'il regroupe à lui seul un nombre ahurissant de situations gênantes. La pire étant, je le rappelle, de pénétrer dans les lieux juste après quelqu’un qui y aurait fait une offrande majeure (je nierais avoir écrit un tel article évidemment) en le croisant à sa sortie. La gênance de toilettes explique également que je me retrouve régulièrement à nettoyer dans la cuvette des héritages d'autres que moi au prétexte que quelqu'un attend derrière pour pénétrer dans les lieux.

 

Gênance #2 : la baby-sitter

C’est un moment de gêne récurrente parce que je semble manifestement atteinte d’un gros symptôme d’imposture sur le sujet. La baby-sitter est donc régulièrement une source d’angoisses existentielles à base de "et si elle trouvait qu’on ne lui donne pas assez ?", alors que le prix horaire est fixé entre nous depuis environ l’automne 2015. Comme si garder des Poites endormies étaient le job le plus pénible au monde.

Je mets donc un point d’honneur à assurer à nos différentes baby-sitters la rémunération promise en aval en veillant à ne surtout pas revenir avant l’heure indiquée. Quitte à traîner un peu sur le chemin du retour (et à toujours arrondir la somme aux 5 euros supérieurs). Résultat, la moindre soirée ciné nous coûte une blinde.

 

Gênance #3 : les gens qu'on connaît pas assez

Il y a une typologie d'humains sur Terre qui sont à l’origine d’intenses moments de perplexité pour des gens comme moi. Ceux qu'on connaît mais pas assez. Vous savez, cette typologie de personnes que vous connaissez trop pour ne pas les saluer et pas assez pour avoir du plaisir à échanger avec eux.  Du coup, le nombre de métros/bus/tramways que j’ai loupé, sciemment, pour ne pas avoir à les partager avec l’un ou l’autre de ces individus se comptent par centaines.

 

Gênance #4 : le médecin

Je suis sans médecin fixe, je change à chaque rendez-vous ou presque. Pour la simple raison que le médecin à qui j’ai évoqué mes problèmes d’hémorroïdes, il me voit une fois. Pas deux.

 

Gênance #5 : le mariage

A vous, je peux bien le dire. Si je ne me marie pas, c’est en grande partie parce que l’idée de devoir supporter 20, 30, 150 paires d’yeux sur moi toute une journée m’est totalement insupportable. Et l'obligation collective au bonheur de telles journées qui déjà, en tant qu'invitée est tout juste vivable me paraît tout à fait inimaginable en tant qu'organisatrice. 

 

Et vous, des moments de gênance à déclarer ?

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13 mars 2017 1 13 /03 /mars /2017 20:41

Alors que j’étais en train de retranscrire le texte que j’ai publié ici même hier, texte initialement gribouillé sur mon cahier d’écriture, l’une puis l’autre des Poites souffrant de cette maladie typique des années 2017 et décrite sous le nom de "on sait pas quoi faire" (sous-entendu, "on ne sait pas quoi faire qui ne soit pas sur un écran") se sont pointées près de moi (et c’était l’occasion, vous l’aurez noté, de se rapprocher d’un écran) (sont pas complètement bêtes non plus les Poites).

 

Très vite, Poite n°1 m’a dit "je vais te tenir le cahier maman" et a positionné l’objet selon un angle tout à fait improbable, avant de le faire bouger avec un mouvement toutes les 4 secondes environ qui m’a rapidement filé la gerbe. Ne voulant pas être laissée pour compte, Poite n°2 m’a alors demandé "comment je t’aide, moi, Maman ?" et ne pouvant pas lui répondre "en partant loin d’ici", je me suis tue. De toutes les façons, elle n’a pas attendu ma réponse et a explosé d’un "je sais, je vais te dicter les lettres !" (je rappelle que l’enfant ne sait pas lire) avec tout plein de cet enthousiasme qui fait fondre instantanément les mères.

« Chouette ! » a fait la mère parfaite à l’intérieur de moi.

« Non merci ! » que j’ai sobrement lancé du fond de mon canapé. La fondance a ses limites que mes degrés de patience et d’abnégation connaissent parfaitement.

 

De fil en aiguille, j’ai abandonné l’idée de retranscrire quoi que ce soit pour leur lire quelques-unes des productions hébergées sur mon fameux cahier et quelques textes tirés d'ici. Elles ont fait semblant de s’intéresser à l’histoire de Martine la pharmacienne, se sont esbaudies de retrouver en ligne quelques uns de leurs dessins, ont écouté Sabine Paturel dans la compilation des chansons de la honte, et ont rigolé beaucoup, de découvrir certaines des petites anecdotes conservées ici.

 

Et à la fin, il y a eu le délicieux : "Tu nous écriras une histoire la prochaine fois, Maman ?"

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